Le juge Thierry Nadon a vu clair dans leur jeu... Photos : Shutterstock
Le juge Thierry Nadon a vu clair dans leur jeu... Photos : Shutterstock
Un homme a plaidé qu’il devait être remis en liberté puisque sa conjointe était atteinte de cancer et qu’il devait l’accompagner pour qu’elle suive ses traitements. L’individu était accusé de non-respect de conditions, n’ayant purgé que 40 des 90 jours d’une peine discontinue pour une affaire de stupéfiants.

Or, selon ce que rapporte La Presse, le juge de la Cour du Québec Thierry Nadon a rapidement constaté que la preuve présentée devant lui était de la contrefaçon, et que les témoignages de l’homme et de sa conjointe ne tenaient pas la route.

Lisant les documents, le magistrat s’est écrié: « Il n’y a pas de date, et ce n’est pas signé! Et celui-ci, qui l’a signé ? Un médecin, votre pharmacien ? En bas et en haut, ce n’est pas la même écriture. Ce sont des photocopies. Les signatures ne sont pas les mêmes ».

Après s’être retiré quelques instants, le juge Nadon est revenu et a confronté l’accusé et sa conjointe devant leurs mensonges. « Il n’y a pas de chimiothérapie. Il n’y a pas de cancer lymphatique. Les documents sont faux. »

Le juge Nadon a souligné qu’un médecin inscrit dans un document avait deux numéros de pratique et dans un autre que la date était erronée.

Une enquête des constables spéciaux a pu prouver les dires du juge. Deux médecins cités ont pu confirmer que leur signature avait été contrefaite et qu’ils n’avaient jamais rencontré la femme, selon des documents consultés par La Presse.

La femme de 44 ans a été accusée de parjure, tandis que l’homme s’est vu refuser sa remise en liberté.

L’avocate a alors demandé la permission de cesser de représenter l’accusé, ce qu’a accepté le juge Nadon, tout en assurant qu’il n’avait aucun doute sur son honnêteté.