Me Anne-France Goldwater. Photo : Site Web de Goldwater Dubé
Me Anne-France Goldwater. Photo : Site Web de Goldwater Dubé
Vous le savez, lorsqu’on discute avec Me Anne-France Goldwater, il est difficile de se concentrer sur un seul sujet.

C’est que la diva juridique québécoise a son mot à dire sur tout!

Droit-Inc a donc profité d’un entretien en sa compagnie pour discuter avec elle d’enjeux sérieux… et d’autres qui le sont beaucoup moins!

Sa participation à l’Arbitre...

Quand j’ai été invitée à faire L’Arbitre, je savais pourquoi ils me proposaient le rôle : ils me voyaient comme une mini-juge Judy, mais au Québec.

Mais j’ai dit aux télédiffuseurs: ce n’est pas parce que j’ai une grande gueule, que j’aime sacrer et être vulgaire, que je vais faire comme elle.

Je ne voulais pas traiter les gens avec la même dérision que Judy. Je leur ai dit que si c’était ce qu’ils voulaient, ils n’avaient pas trouvé la bonne candidate. Moi, je voulais toujours des verdicts favorables. Mon but, c’était que les participants sortent grandis de l’expérience.

J’ai eu de très bons conseils de la juge Ginette Piché, qui m’a dit : Anne-France, si tu assumes ce rôle, l’argent que tu accorderas satisfera le gagnant, mais n'oublie pas de trouver une manière pour que le perdant sorte la tête haute.

J’ai toujours respecté cela.

Sur le multiculturalisme...

En tant que juive, j’ai toujours été très sensible à ça. C'est pour ça que j’ai toujours trouvé important de tisser des liens avec gens musulmans et arabes, parce que moi, je sens un fardeau personnel, parce que je veux donner meilleur exemple au Moyen-Orient.

Ici, mon avocat et collègue favori, que j'embrasse à chaque fois que je le vois, c’est Karim Renno. J'embrasserais ses pieds même! C’est toute une étoile!

Je lui ai même proposé d’aller en Israël et de montrer qu’au Québec, les juifs et palestiniens s’embrassent. C'est ça, l'exemple qu'on doit donner, quand on est avocate!

Autre exemple! J’ai invité une policière musulmane qui portait le voile et sa maman, qui portait le hijab à mon podcast. On a pris une belle photo qu’on a publiée sur ma page Facebook. Simplement une photo, d’une mère qui était fière que sa fille devienne policière...



Vous auriez dû voir les messages de haine qu’on a reçus! Retournez dans votre pays, musulmans, terroristes, toute cette fucking merde là! Je n’en revenais pas! Les gens se permettent des commentaires épouvantables pour ceux qui ne sont pas blancs, chrétiens, et tout!

Ses interventions médiatiques sur l’amour...

J'aime parler de l'amour parce que le divorce et la rupture sont devenus très populaires dans les médias, mais c'est plus rare que l'on entende parler d’amour et de sacrifice… de don de soi!

Ce n’est pas un sujet populaire, mais le don de soi, c’est essentiel à la réussite d’un couple. Je vois tous les échecs, les fois où les gens ne viennent pas de gaité de coeur pour se divorcer. C’est un coup très dur dans la vie de quelqu’un... même si l’on prétend parfois que c’est facile.

Je pense la même chose pour l’avortement. Ça n’existe pas de femmes qui ne souffrent pas. Quand on choisit d’avorter, c’est souvent la décision d’une vie. Et l’autre, ce serait de divorcer, d’abandonner espoir avec son mari. Ce sont des décisions très difficiles à prendre, lourdes de conséquences, qu'il ne faut pas que la société prenne à la légère.

Sur les enseignements de son père...

Lorsque j’avais 12 ans, on n’avait pas internet, pas de télévision en couleur. Alors une fois, on voulait profiter de l’occasion de sortir sur le balcon de l’Aéroport Dorval, de regarder les avions atterrir, ou décoller.

Mais pour ça, il fallait payer 5 ou 10 sous. J'avais dit à mon père : « on peut passer ici à côté, entre la clôture et le guichet-là, sans payer! »

Il m’avait répondu, « non, un avocat ne fait pas ça. Un avocat doit donner l'exemple aux autres. Si un jour tu deviens avocate, tu comprendras. »

J’ai 59 ans, je ne suis plus un bébé, je suis plutôt passée dans la catégorie vieille matante, et pourtant je ne l’ai jamais oublié, parce qu’il avait raison. Un avocat n’est pas un homme d'affaires. Oui, il gère de l'argent, mais il est surtout un officier de cour. Il doit donner l’exemple au système de justice.

Ses aspirations politiques...

J’ai toujours eu des aspirations politiques, mais j’ai une personnalité particulière…j’ai assez de renommée, alors je ne ressens pas le besoin de me lancer. Je gagne très bien ma vie dans le secteur privé.

J’irais en politique juste si la population est prête à m’écouter.

Mon premier geste, ça serait d’offrir aux latinos dans les camps de concentration entre les États-Unis et le Mexique, l’accès au Canada.

Justin Trudeau a probablement peur de la réaction des autres Canadiens, en faisait entrer des personnes brunes… mais ils sont plus catholiques que les gens qui vont à la messe chaque dimanche. C’est un peuple très joyeux! Il suffit de trois leçons, et on peut faire le passage de l’espagnol au français.