Anne-Marie Savard, Anne-Marie Laflamme, Marie-Ève Arbour et Sophie Laviolette. Photo : Courtoisie
Anne-Marie Savard, Anne-Marie Laflamme, Marie-Ève Arbour et Sophie Laviolette. Photo : Courtoisie
Du jamais vu au Québec : un conseil exécutif de faculté de droit entièrement composé de femmes, grâce à la confirmation le 29 novembre d’Anne-Marie Savard au poste de vice-doyenne aux études et à l’expérience étudiante et secrétaire de l’Université Laval.

La professeure rejoint Anne-Marie Laflamme, doyenne depuis 2017, Marie-Ève Arbour, vice-doyenne à la recherche et aux affaires externes depuis 2018, et Sophie Laviolette, directrice exécutive depuis 2015.

Preuve que les femmes font leur chemin et que c’est bien naturel pour tout le monde, ces quatre-ci ne se sont pas du tout rendu compte de la grande première avant d’annoncer la confirmation d’Anne-Marie Savard aux membres de la Faculté.

« Ce n’est pas une démarche volontaire qu’on a faite, souligne la doyenne de la Faculté de droit Anne-Marie Laflamme. C’est arrivé comme ça! »

« Quand on a présenté notre nouvel exécutif en assemblée des professeurs, poursuit la doyenne, quelques collègues ont souligné que depuis 1853, c’était probablement la première fois que la Faculté était dirigée par un exécutif entièrement féminin! On a réalisé ça tous ensemble, et tout le monde était très content. »

Les doyennes, c’est assez nouveau

Il y a maintenant pratiquement plus de femmes professeures de droit que d’hommes, du moins à l’Université Laval. Il n’est donc pas étonnant que quatre d’entre elles exercent des fonctions liées à la gestion de la Faculté.

Vraiment? Non!

Photo : Courtoisie
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« Il n’y a pas tant de doyens femmes! constate Anne-Marie Laflamme. En ce moment, il y en a beaucoup, mais c’est très récent. Chez nous, je suis la 3e femme doyenne sur 27 ou 28 doyens. Il y en a eu une en 1985, l’autre en 2012, ma prédécesseure Eugénie Brouillet, et moi. Ce n’est quand même pas beaucoup pour une grosse faculté qui a presque la parité homme-femmes! »

La doyenne Anne-Marie Laflamme a justement publié une recherche sur le sujet des femmes dans des métiers traditionnellement masculins, comme celui d’avocat. Ces professionnelles commencent à peine à occuper les postes de gestion au sein des institutions.

« Ça a quand même pris pas mal de temps avant que des femmes investissent les universités, et à fortiori les différentes professions, explique la doyenne. L‘arrivée de femmes est récente, et comme leur arrivée est récente, elle sont souvent plus jeunes aussi. »

« Mais ce qui est encore plus intéressant, poursuit Anne-Marie Laflamme, c’est de voir que non seulement elles sont là, mais en plus elles sont aussi dans des postes de direction au moins autant que les hommes. Et là, par le fruit du hasard, il y même quatre femmes dans les postes de direction! »

Famille, gestion, enseignement et recherche : c’est possible de tout faire!

Qui dit jeunes femmes, dit souvent jeune famille et peu de temps pour assumer des tâches de gestion en plus de l’enseignement et de la recherche au sein de l’université.

« Effectivement, on a beau dire qu’on essaie d’avancer et qu’il y a des améliorations qui sont faites, il reste que les femmes assument encore bien souvent la plus large part des tâches familiales, estime Anne-Marie Laflamme. C’est une réalité qui tend à s’estomper tranquillement, mais c’est encore une réalité, on ne peut pas dire le contraire! »

Voilà pourquoi il est important de souligner que les quatre membres de l'exécutif de la Faculté sont assez jeunes elles aussi! La doyenne Anne-Marie Laflamme a 57 ans, les vice-doyennes Anne-Marie Savard et Marie-Ève Arbour ont toutes deux 46 ans, et Sophie Laviolette 40 ans. Les trois dernières ont d’ailleurs des enfants en bas âge.

« Moi je suis la plus âgée des quatre, mais c’est quand même quatre jeunes femmes qui ont des jeunes familles et donc qui sont capables de combiner des postes de gestion avec la conciliation travail-famille, se réjouit la doyenne. Je trouvais ça vraiment super! »

Les quatre membres féminins de l’exécutif de la Faculté de droit de l’Université Laval enseignent toujours, font des conférences, et poursuivent leurs recherches dans leur domaine tout en s’occupant de la gestion de la Fac. La directrice exécutive Sophie Laviolette possède même trois restaurants!

Comme quoi il est possible pour les femmes de tout faire, et de le faire avec brio.

« J’aimerais bien ça qu’il y ait plus de gens qui s’intéressent à ces postes-là, confie la doyenne Anne Laflamme. Pour que les universités restent dynamiques, c’est vraiment important qu’on ait des jeunes et des femmes dans nos exécutifs. Je pense que c’est un must. »