L'avocat Michel Massicotte avait un document de 300 pages à son arrivée à l'émission « Isabelle Richer ». Photo : Radio-Canada
L'avocat Michel Massicotte avait un document de 300 pages à son arrivée à l'émission « Isabelle Richer ». Photo : Radio-Canada
Michel Massicotte a lui-même contacté l’émission Isabelle Richer pour offrir le point de vue de son client, aujourd’hui pressenti pour briguer la direction du Parti conservateur du Canada (PCC), après la divulgation de nouvelles informations concernant Marc Bibeau.

Nous en avons discuté, et compte tenu ce qui sortait dans sphère publique, non seulement hier, mais depuis fort longtemps, il nous est apparu peut-être nécessaire de faire un point sur la question, a-t-il expliqué.

Les documents, reliés à des démarches judiciaires de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) visant l'ex-argentier du Parti libéral du Québec (PLQ), n'affectent aucunement la probité de son client, selon lui.

Dans ces mandats, outre le fait que l’on dise que M. Charest est un ami de M. Bibeau – ce qu’il n’a jamais nié, ce qu’il a toujours mentionné –, il n’y a strictement rien qui relie M. Charest a quelque acte illégal, a-t-il fait valoir.

Pourquoi ce n’est pas Jean Charest lui-même qui vient (donner une entrevue)? Peut-être qu’à un moment donné, il aura l’occasion de le faire, a indiqué Michel Massicotte, avocat de Jean Charest

Charest ne connaissait pas les pratiques de Bibeau en détail

Me Massicotte affirme que M. Charest n’était aucunement au courant des pratiques de M. Bibeau, même s'il était chef du PLQ et premier ministre du Québec. Il ne pouvait donc pas les cautionner.

Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique, a-t-il laissé tomber, avant d'expliquer que les pratiques du Parti libéral étaient en place avant que Jean Charest n'en devienne le chef.

M. Charest, ce n’est pas une personne qui tous les jours regarde le financement, se mêle de financement. Dans le day to day, il n’était pas là, et ça, il l’a expliqué d’abondance, mentionne Michel Massicotte

Me Massicotte convient qu'il a été démontré que des entreprises ont contribué illégalement à des caisses électorales, mais cela n'avait rien à voir avec ce que le PLQ appelait le financement sectoriel, soutient-il.

M. Charest savait que M. Bibeau participait aux campagnes de financement, et il savait qu’il faisait des campagnes sectorielles. Et là, ne nous trompons pas sur le sens du mot sectoriel, a-t-il expliqué.

Selon lui, ce terme désigne la démarche qui consistait à envoyer un solliciteur chez des représentants d’entreprises pour leur dire : j'aimerais ça que les membres de ton cabinet puissent donner de l’argent.

« Ce n’est pas le cabinet d'avocats qui va donner de l’argent, c’est chaque personne individuellement. Il n’y avait pas de tordage de bras là-dedans non plus. »

Quoi qu’il en soit, si des entreprises ont contribué illégalement à la caisse électorale du PLQ, ce n'était pas à la connaissance de M. Charest, a-t-il assuré.

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L'avocat de Jean Charest, Michel Massicotte, est venu défendre son client à l'émission « Isabelle Richer ».

« Nous avons toujours, et à qui voulait entendre, clamé notre innocence par rapport à quoi que ce soit », dit Michel Massicotte.

Cessez cette enquête. Nous avons coopéré

Me Massicotte a conclu l’entrevue en livrant un plaidoyer pour que l'UPAC mette un terme à l'enquête Mâchurer, ouverte depuis bientôt six ans, mais qui ne s'est toujours pas soldé par des accusations.

Selon lui, Jean Charest s'est abondamment expliqué, notamment en soumettant une déclaration de 300 pages au procureur de la commission Charbonneau qui l’a interrogé le 26 mai 2014.

Avant même que l’enquête Mâchurer ne soit ouverte en avril 2014, des policiers de l'UPAC ont demandé à deux reprises à rencontrer Jean Charest, qui a accepté. Mais à chaque fois, l'offre est demeurée lettre morte, a-t-il dit.
Combien de temps faudra-t-il attendre encore, alors que nous avons donné des chances à la police, en nous expliquant de façon tout à fait transparente?, a demandé Me Massicotte.

Dans le cas de M. Charest, il n’y en a jamais eu de perquisition. Il n’est pas un suspect (dans l'enquête Mâchurer). Et quand nous avons voulu être traités comme témoins, parce que nous leur avons offert, silence radio, a-t-il déploré.
« Cessez cette enquête. Nous avons coopéré. Arrêtez de dire qu’on se cache ou quoi que ce soit. Nous avons offert notre coopération, mais cette coopération ne semble pas être réciproque. »

L'avocat de l'ancien premier ministre du Québec a également dénoncé le coulage d'informations concernant son client dans les médias qu'il attribue à la frustration de policiers.

Des gens, devant l'évidence qu’on ne peut pas l’accuser, parce qu'il n'y pas de preuve, décident de faire ce qu’on appelle en anglais un trial by media c’est ça qui s’est produit depuis le temps, a-t-il dit.

Michel Massicotte a par ailleurs rappelé qu’aucun blâme n'a été adressé à son client dans le rapport de la commission Charbonneau.