Andrée Ruffo. Photo : Lobe Blogue
Andrée Ruffo. Photo : Lobe Blogue
« Bien sûr qu’il faut démanteler la DPJ. Pour moi, il n’y a aucun doute», a martelé l’ex-juge déchue Andrée Ruffo lors d’une entrevue à QUB radio, jeudi dernier.

Elle était au micro de l’émission Politiquement incorrect animée par Richard Martineau pour réagir au jugement rendu deux jours avant par le Tribunal de la jeunesse, levant le voile sur les sévices subis par le frère de la fillette martyre de Granby.

« La responsabilité des enfants, ça appartient aux parents », a-t-elle plaidé.

« Ce n’est pas à l’État de s’occuper des enfants en premier lieu. Premièrement les parents, deuxièmement la communauté, et ensuite (l’État) ultimement, mais ça, ce sera 10%, ce ne sera pas des centaines de milliers d’enfants. »

Elle s’est par ailleurs inquiété de la trop grande opacité de la Direction de la protection de la jeunesse.

« J’aimerais bien qu’on repense la fameuse confidentialité, la confidentialité qui protège la DPJ. (...) Pourquoi c’est si sacré? Parce qu’on protège la DPJ. »

Devenue juge au Tribunal de la jeunesse de la Cour du Québec en 1986, Andrée Ruffo a été destituée par le Conseil de la magistrature. Ce dernier lui reprochait principalement d’avoir manqué à son devoir de réserve en discutant publiquement des affaires dont elle est saisie, d'avoir caché ses liens d'amitié avec une psychologue qui agissait comme témoin expert témoignant devant elle et d'avoir vanté les services, dans une publicité télévisée, de Via Rail, entre 1988 et 2004.

Elle a contesté les allégations du Conseil en Cour, tentant d’obtenir une audience devant la Cour suprême, qui a refusé de l’entendre. Mme Ruffo a finalement décidé de démissionner par la suite en 2006.

Andrée Ruffo a par ailleurs fondé en 1994 le Bureau international des droits des enfants avec Bernard Kouchner.