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La pratique du droit est en constante redéfinition, et le sera encore plus en 2020! Technologie, gouvernance, clientèle, spécialisations; à quoi devez-vous vous attendre cette année? Droit-inc a fait le tour pour vous.

1. De plus en plus de tarifs fixes

La firme Robert Half a sondé des chefs de département de droit canadiens et en a conclu qu’en 2020, la plupart augmenteront le déploiement de tarifs alternatifs pour accommoder leurs clients cherchant à limiter leurs frais légaux. Les solutions suivantes sont les plus populaires auprès de ces leaders :

41 % Tarifs fixes pour un cas entier;
40 % Tarifs fixes pour certaines étapes d’un cas;
32 % Provisions ou avances sur honoraires.

2. Le cas des Baby boomer

Avec la population boomer vieillissante, qui constitue encore la plus grande des générations québécoises en termes de population, les avocats peuvent s’attendre en 2020 à plus de demande pour de l’aide dans les domaines de la planification de la retraite et du transfert du patrimoine à la génération suivante, indique l’agence Linchpin SEO… et même à donner un coup de main quant au choix d’une maison de retraite!

3. Litige : vive la médiation!

« La médiation est un secteur grandissant de spécialisation en droit qui offre une approche précieuse quant à la réduction du temps et des coûts en litige », confie à Robert Half le conseiller général de Convergent Outsourcing Tim Collins.

De plus en plus de cabinets sont à la recherche d’avocats ultra spécialisés pour combler des postes précis en lien avec, par exemple, le service à la clientèle, la technologie ou les initiatives de dotation. Pas facile de trouver la perle rare, par contre : 66 % des avocats sondés par Robert Half estiment qu’il est assez, voire très ardu de trouver des professionnels avec les compétences recherchées.

Le litige n’est pas en reste, et avoir la médiation comme corde à son arc peut être très judicieux.

« Avec le changement dans le nouveau code de procédure civile, c’est sûr que la médiation est de plus en plus mise de l’avant, » confirme la nouvelle associée chez Langlois Me Jessica Syms, qui a elle-même suivi une formation en médiation de 40 heures à l’Université Harvard.

4. Moins de temps plein pour les avocats… mais tout le monde est content!

En 2020, les grands cabinets embaucheront encore plus d’avocats à contrat, ce qui leur permettra de demeurer flexibles et accessibles financièrement par les clients, et de conserver leur santé fiscale, explique l’agence Linchpin SEO.

De nombreux avocats souhaiteront de même travailler à temps partiel pour satisfaire leur besoin d’équilibre travail et vie privée, ce qui n’est pas pour déplaire aux cabinets non plus : ils peuvent ainsi profiter de main d’oeuvre additionnelle selon leur besoin tout au long de l’année.

5. L’open space arrive en cabinet

La technologie transforme progressivement (et durablement) la façon de travailler dans les domaines légaux, des bases de données à l’automatisation des procédés. Grâce à l’infonuagique et aux appareils intelligents, les avocats ne sont plus enchaînés à leur bureau. Est-il alors étonnant que l’organisation des bureaux d’avocats change aussi?

Bien des firmes canadiennes ont diminué la surface de leur bureau, par exemple en intégrant des espaces de travail ouverts à chacun plutôt que de réserver un bureau à chaque avocat. De même, des espaces communs et confortables (lounge avec divans) sont installés de façon à encourager la collaboration.

6. Les structures commerciales alternatives chambouleront le droit en 2020

La Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Australie adoptent présentement des lois autorisant les structures commerciales alternatives. Au Canada, c’est déjà fait, souligne Quantum Run. Cette dérégulation permet aux bureaux d’avocats :
  • D’être la propriété en partie ou totale de non-avocats;
  • D'accepter les investissement externes;
  • D’offrir des services qui ne sont pas légaux;
  • D’offrir des services légaux automatisés.

Ces changements, associés aux poussées technologiques dans le monde du droit, favoriseront en 2020 l’apparition de toutes nouvelles formes de bureaux d’avocats.

7. La conscientisation sociale amènera de nouvelles demandes des parties prenantes

Des employés aux investisseurs, toutes les parties prenantes des entreprises demanderont plus que de l’argent en 2020 : ils demanderont du changement. La firme Gartner a déterminé que l’environnement et les causes sociales grandissent dans les priorités de toute la population, y compris au sein des cabinets d’avocats.

Les bureaux qui parviendront à répondre à ces demandes seront récompensés… mais ce ne sera pas facile. Pensez à de nouvelles politiques (gouvernance éthique et sociale), de nouveaux modes de pensée, et à de nouveaux canaux de communication pertinents.

8. L’essentielle protection des données

La protection des données des clients va de pair avec la confiance mutuelle. La fuite d’informations sensibles telles que l’adresse civile, le salaire, le numéro d’assurance sociale, etc. pourraient vous coûter votre pratique. Ces données devraient être anonymisées lorsque c’est possible, et leur accès devrait être limité à quelques employés de confiance.

De même, suite aux nombreux incidents de vols de données en 2019, les clients demanderont cette année beaucoup plus de transparence sur leur utilisation par les entreprises… y compris les cabinets d’avocats. On pourrait même demander la surveillance de ces données par une firme externe, indique la firme Gartner.

Il serait judicieux de préparer un plan d’action et de communication, advenant une fuite des données de vos clients.