Lise Tremblay, Geneviève Mottard, Jacques Desforges, Manon Poirier, Béatrice Guay Pepper, Francine Sabourin et Diane Cousineau, qui gagne le plus cher?
Lise Tremblay, Geneviève Mottard, Jacques Desforges, Manon Poirier, Béatrice Guay Pepper, Francine Sabourin et Diane Cousineau, qui gagne le plus cher?
Les salaires des directeurs généraux de la catégorie « droit, administration et affaires » de l’Office des professions, dans laquelle se trouve le Barreau et la Chambre des notaires varient de 117 000 $ à près de 400 000 $. Qu’est-ce qui peut expliquer ces grands écarts entre les différents regroupement professionnels?

Outre le Barreau et la Chambre, on retrouve dans cette catégorie les administrateurs agréés (Adm. A.), les comptables professionnels agréés (CPA), les conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés (CRHA), les évaluateurs agréés (É.A.), les huissiers de justice, les notaires et les traducteurs, terminologues et interprètes agréés (trad.a., term.a., int.a.).

La directrice générale du Barreau du Québec Lise Tremblay a gagné 298 000 $ en 2017-2018. Cette somme a été majorée de 8 % l’année suivante pour atteindre 322 407 $. Me Tremblay a annoncé hier qu’elle prendra sa retraite en août prochain.

Ce n’est pas Me Tremblay qui empoche le plus gros salaire de sa catégorie. La directrice de l’Ordre des CPA, Geneviève Mottard, trône au sommet avec un salaire annuel 397 636 $ en 2017-2018. Son salaire a été porté à 403 550 $ pour 2018-2019.

Mme Mottard est suivie de Me Jacques Desforges, DG de la Chambre des notaires, qui a mis la main sur 328 532 $ en 2017-2018, et de 339 259 $ en 2018-2019. Me Tremblay complète le top trois.

Est-ce à dire que les professions avec actes réservés sont celles qui ont les DG les mieux payés? Pas nécessairement, puisque la DG des CRHA, Manon Poirier, touche davantage que Béatrice Guay Pepper, la patronne des huissiers dont les actes sont réservés. La première empochait 252 294 $ en 2017-2018, puis majoré à 263 673 $ l’année suivante, tandis que le montant réservé pour la direction générale de la Chambre des huissiers était de 251 116 $ en 2017-2018. Le rapport 2018-2019 n’était toujours pas disponible en ligne lors de la visite de Droit-inc.

Le poste budgétaire de la direction générale des évaluateurs agréés, dirigée par Céline Viau en 2017-2018, était de 169 714 $. Dans le rapport 2018-2019, il est inscrit que la directrice générale reçoit une rémunération de 125 000 $.

Francine Sabourin (administrateurs) était payée 140 374 $ en 2017-2018, puis 146 494,55 $, en 2018-2019, tandis que Diane Cousineau (traducteurs) a reçu 117 000 $ en 2017-2018, somme qui est passée à 136 462 $ l’année suivante. Les membres de ces trois ordres n’ont pas d’actes réservés à leur profession, seulement le titre.

Certains pourraient croire que c’est la taille de l’ordre qui détermine le salaire des DG. Mais encore là, ce n’est pas une corrélation directe.

En évaluant les sommes inscrites en 2017-2018, la DG la mieux payée de la liste, Mme Mottard des CPA, n’a reçu que 10,13 $ par membre. C’est sensiblement la même chose pour Me Tremblay du Barreau avec 11,11 $. Ces ordres représentaient respectivement 39 246 membres et 26 799 cette année-là.

Les chiffres sont beaucoup impressionnants à l’autre bout du spectre.

La direction générale des huissiers a reçu 561,78 $ pour chacun de ses 447 membres. C’est suivi de la direction générale des évaluateurs avec 161,33 $ par membre. Ils étaient 1 052 à adhérer à cette ordre.

Me Desforges des notaires est en milieu de peloton avec 84,80 $ pour chacun de ses 3 874 membres. Il est devancé par Mme Sabourin des administrateurs agréés (96,80 $ par membre, 1 450 membres) mais en avant de Mme Cousineau des traducteurs (53,45 $ par membre, 2 189 membres) et de Mme Poirier des conseillers en ressources humaines (24,16 $ par membre, 2 189 membres).

Pas étonnant, selon un spécialiste

Pour le professeur titulaire en gestion des ressources humaines à l’UQAM, Denis Morin, ces salaires n’ont rien d’étonnant, lorsqu’on les compare à ceux de cadres supérieurs en entreprise privée.

Le spécialiste explique que plusieurs facteurs vont affecter le salaire de la personne à la tête de l’ordre, soit le nombre de membres, le nombre d’employés à gérer, mais aussi toute la responsabilité qui vient avec le mandat de la protection du public.

« Il y a des inspections auprès des membres, qui nécessitent une rigueur intellectuelle et un professionnalisme, qui fait qu'il faut payer ces personnes-là. Ils sont imputables aux yeux de la société. Il peut y avoir des activités sociales entre les membres, mais fondamentalement, ils passent leur semaine à gérer et compiler les dossiers. Ils ne se tournent pas les pouces », assure-t-il, citant d’autre part son expérience sur des comités de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés.

Comment expliquer alors que le DG des notaires, dont la chambre a 3 874 membres, encaisse davantage d’argent que la DG des avocats, avec un Barreau de 26 799 membres?

« Cette personne avait une pratique auparavant. Elle ne va pas changer d'emploi pour avoir une diminution de revenus », avance-t-il.