Me Alex Shee et Dominique Tardif
Me Alex Shee et Dominique Tardif
Il n’a pas qu’un nom de star, Alex Shee.

C’est quelqu’un d’allumé et de passionné, d’engagé. C’est une personne d’idées, idéaliste aussi… et au grand cœur.

Il a été sélectionné par la Gouverneure générale du Canada comme une des 250 « étoiles montantes » de la conférence sur le leadership à Québec de juin prochain.

Son podcast a été vu par près de 3 millions de personnes, dont une dizaine de milliers d’auditeurs réguliers.

Il travaille dans la très glamour industrie de l’intelligence artificielle, et plus précisément – et déjà - pour le Office of the CEO d’Element AI, là où prennent forme les projets stratégiques de l’entreprise. Un peu comme un chef de cabinet, il est en charge des partenariats clés, des projets susceptibles de faire avancer les choses, des leviers de financement, et j’en passe.

Le résultat d’un plan de match calculé, tout ça? Non. Une histoire de vaisseau spatial, plutôt.

Très tôt, Alex s’est passionné pour les start-ups : en parallèle de sa pratique, il faisait du pro bono les soirs et fins de semaine pour plusieurs start-ups et s’est fait remarquer par l’investisseur principal de l’une d’entre elles, une fois le financement complété. Il a quitté le monde du droit et a travaillé comme analyste en investissement chez Real Ventures pendant deux ans: il y a rencontré 1400 entreprises et fait une analyse de 3400 autres pour tenter – rien de plus banal, n’est-ce pas ?! – de comprendre quelle technologie allait changer le monde. Conclusion? L’intelligence artificielle piquait sa curiosité.

Heureux hasard, Alex se trouvait aux côtés du fondateur d’Element AI (son patron actuel) quand ce dernier a eu l’idée qui allait le mener à la création de l’entreprise. Ensuite sollicité pour s’y joindre, il a décidé de faire le saut même s’il adorait son travail d’analyste et les gens, et qu’il se trouvait déjà bien chanceux.

Comme écrit Sheryl Sandberg : « If you’re offered a seat on a rocket ship, don’t ask what seat! Just get on. » Voilà comment Alex voyait cette occasion en or.

Faire de Montréal un hub

On s’est rencontrés à la légendaire Brasserie Harricana, lui en jeans (moi pas, malheureusement), près de son boulot - en plein cœur, justement, du quartier de l’intelligence artificielle de Montréal. Il a pris une bière, et je me suis lancée, pour une raison obscure, dans un drink d’une couleur vaguement orange portant curieusement le nom de Piscine.

Brasserie Harricana
Brasserie Harricana
Alex, c’est quelqu’un de reconnaissant, qui croit sincèrement que son succès ne vient pas que de lui… il en est tellement convaincu qu’avant de commencer chez Element AI, il a fait le tour de son entourage pour distribuer cadeaux & remerciements à ceux qui l’avaient aidé jusque-là (là, j’ai bien failli me noyer dans ma Piscine – wow). Il a donc demandé à sa mère quel était le cadeau qu’elle aimerait le plus… et l’a emmenée à Tokyo, comme le bon génie tout bonnement sorti de sa lampe magique. Heureux hasard encore, son CEO était sur le même vol que sa mère et lui : entre Toronto et Tokyo, il en a beaucoup appris sur la nouvelle stratégie de l’entreprise, dont notamment le développement du marché asiatique… Il y est, ultimement, allé 14 fois sur une période d’un an par la suite pour recruter, ouvrir des bureaux, développer des relations d’affaires et signer des ententes avec de nouveaux clients.

« Être assis deux fois au bon endroit et au bon moment », qu’il appelle ça!

Ce qui (outre sa copine) fait battre son cœur, le réveille tous les matins et le fait rêver chaque soir? Encourager un écosystème de bâtisseurs, créer des compagnies phares, créer un mélange d’investisseurs, de talents locaux et de talents d’ailleurs qu’on accueille à bras ouverts…et faire de Montréal un hub, quoi!

Il a déjà ‘coché deux cases’ de son bucket list, à savoir (1) contribuer à ce que le siège social d’une entreprise d’envergure et d’importance internationale comme Element AI soit établi à Montréal et reste à Montréal (ce qui est notamment sécurisé par un récent financement d’importance, la participation de la Caisse de dépôt et d’investissement Québec), et (2) faire ainsi valider et confirmer par des investisseurs extrêmement sophistiqués, locaux et d’envergure internationale, que ce que l’entreprise fait apporte de la valeur et que, en d’autres mots, elle « passe le test ».

Donner au suivant

Sur le plan personnel, il confie que son corps lui a rappelé, dans la dernière année, qu’il ne faisait pas toujours bon ménage avec tout ce voyagement. Ces quelques ennuis lui ont fait prendre conscience de l’importance de balancer ce désir de contribuer au développement économique du Québec avec celui de garder la santé, d’avoir de la place pour la famille et les amis et, en bref, de maintenir un meilleur équilibre.

Discussion autour d'un verre
Discussion autour d'un verre
Né en Californie, Alex est déménagé à Québec à 12 ans. Sa mère, qui l’a élevé seule, conjuguait sa passion et son travail de muséologue avec d’autres emplois pour s’assurer que la famille ne manquait de rien. À la fin de ses shifts de traiteur dans des réceptions, elle allait porter la nourriture qui restait pour les enfants défavorisés qui se tenaient dans le parc pas très loin de chez lui. Alex se rappelle de ce qu’elle lui disait en rentrant : « Alex, tu es chanceux. Je t’ai ramené un morceau de gâteau, et j’ai donné le reste à d’autres qui en ont plus besoin que nous » (deuxième noyade dans ma Piscine – wow encore).

Cette grande volonté – qui coule dans l’ADN familial, visiblement - d’aider son prochain, on la sent tout au long de notre échange : qu’il s’agisse de parler de ses études en droit international (intensive program on the interaction between business and human rights law) à Oxford ou encore de son implication dans l’initiative AI for Good, qui l’a notamment amené à négocier une entente avec Amnistie Internationale sur des projets relatifs à l’identification des génocidaires du Soudan du Sud ainsi qu’aux abus faits à l’endroit des femmes sur les réseaux sociaux.

Un conseil qu’il a reçu et qui l’a changé? Celui d’un employé du Mountain Equipment Co-op, alors qu’Alex faisait ses emplettes pour préparer un voyage d’un an, sac sur le dos, après ses études de droit. Quand il lui a tout bonnement demandé si, à son avis, il manquait quelque chose sur sa liste d’achats, l’employé, qui revenait lui-même du même genre de voyage, lui a répondu : ‘Une seule chose : il faut dire oui, il faut essayer et il faut oser’.

Un conseil qui l’habite depuis, et qu’il tente d’appliquer pour oser lorsqu’il hésite, pour explorer de nouvelles choses et pour saisir les occasions.

Des regrets? S’il n’avait pas besoin de dormir, qu’il me dit, il pourrait en faire plus! Il consacrerait tout son temps à des projets importants et des causes dont l’avancement est susceptible d’avoir un impact sur la société.

Il n’a définitivement pas qu’un nom de star : il en a l’aura aussi!