Camille Stell, spécialiste en planification de retraite et succession d’avocats et de cabinets. Photo : Site Web de Lawyers Mutual Consulting and Services
Camille Stell, spécialiste en planification de retraite et succession d’avocats et de cabinets. Photo : Site Web de Lawyers Mutual Consulting and Services
La spécialiste en planification de retraite et succession d’avocats et de cabinets, Mme Camille Stell, identifie cinq facteurs qui rendent les discussions sur la retraite difficiles. Elle propose dans Attorney at work quelques pistes de réflexion pour parer à cette situation.

1 - La perte d’identité

L’idée de quitter sa profession ou le cabinet que vous avez construit peut apporter un sentiment de perte d’identité professionnelle. La question qui apparaît souvent est « qui suis-je si je ne suis plus avocat ? ». Briser avec les habitudes bien ancrées des activités quotidiennes telles que les présentations à titre d’avocat peut représenter un défi.

Pour aider à se trouver une identité personnelle, Mme Stell propose de dresser une liste de toutes ces choses que vous êtes: que ce soit être un époux, un parent ou grand-parent, un paroissien, un membre d’une communauté ou un mentor. Ensuite, dressez une liste de toutes ces choses que vous pouvez être, tel qu’un bénévole, un professeur, un mentor, un athlète, un jardinier, un auteur, un photographe, bref, les possibilités sont infinies.

2- Réticence à quitter le cabinet

Il peut paraître impensable de ne pas rentrer au bureau le matin ou de quitter une équipe avec laquelle on a travaillé depuis longtemps ou même de quitter des clients qui ont besoin de vous. Vous pouvez vous inquiéter de l’impact que votre départ pourrait avoir sur les collègues que vous laissez derrière.

Camille Stell suggère de commencer par avoir des discussions sur le sujet avec les personnes qui sont importantes pour vous. Il est possible que d’autres membres de votre équipe attendent juste un signe de votre part pour prendre leur retraite à leur tour. Vos clients pourraient se retrouver entre d’autres mains compétentes de votre cabinet. Ou peut-être que des partenaires aimeraient vous créer un plan de succession qui marcherait autant pour vous aujourd’hui que pour eux dans le futur. La seule façon de savoir ce que votre entourage pense du futur est de le leur demander.

3- La peur de la transition

Il existe toutes sortes de peurs qui peuvent surgir, allant de la peur du changement, à la peur de laisser aller, la peur de ce vous ferez pendant la retraite, ou encore la peur de ne pas se sentir utile. Le fait de s’arrêter pour penser à ces peurs peut aider à réduire ce sentiment.

Il suffit de se donner le droit de vivre ses craintes et de les aborder de façon individuelle. C’est en affrontant vos peurs que vous pourrez en changer le scénario. « Que vais-je faire pendant ma retraite » peut se transformer en « il y a tant de choses que je n’ai pas pu faire en raison de mes obligations professionnelles, il serait bon de me remettre à la peinture, au yoga ou bien à danser la Salsa », précise Stell.

4- L’inertie

Il est plus facile de ne rien faire que de faire quelque chose. Tout comme il est plus facile de continuer à faire la même chose, dans votre cas, il s’agit de continuer à aller travailler, de diriger votre pratique ou bien de gérer sa clientèle.

Au lieu de faire cela, Mme Stell propose de faire des petits pas quand vient le temps de planifier la retraite. Vous pouvez organiser votre été de façon à avoir plus de temps de congé. Vous pourriez prévoir des vacances plus longues pour la fin de l’année ou encore commencer à faire des semaines de quatre jours dès que le moment s’y prêtera. Ou encore, élaborer une liste de choses à faire qui vous mènera petit à petit vers votre retraite.

5- L’échec du plan de succession

Planifier sa succession est bénéfique autant pour vous que pour vos clients et votre cabinet d’avocat. Si vous pensez manquer de successeurs qualifiés, dites-vous que vous ne connaîtrez jamais le potentiel de la succession si vous ne commencez pas à la planifier, affirme Camille Stell. Vous vous inquiétez de la réaction de vos clients ou des membres de votre bureau? Vous pourriez être surpris d’apprendre que tous ces gens admirent votre courage d’aborder ce sujet difficile. Planifier sa succession ne veut pas dire que vous devrez cesser de travailler immédiatement, au contraire, avoir un plan vous permettra d’avoir un meilleur contrôle sur la suite des choses.

C’est pourquoi Mme Stell suggère de créer un cadre pour trouver les successeurs les mieux qualifiés. Vous pouvez également élaborer une liste d’activités et d’obligations éthiques qui devront être appliquées quand vous commencerez à vous retirer de votre pratique.

Vous pouvez choisir votre chemin en prenant des décisions proactives plutôt que de simplement réagir aux circonstances qui viendront à vous tôt ou tard et être au fait des obstacles en est la première étape.