Me Maria Choquette Stuart est une fervente défenderesse des droits des adolescents. Photo : Courtoisie
Me Maria Choquette Stuart est une fervente défenderesse des droits des adolescents. Photo : Courtoisie
Me Maria Choquette Stuart quitte le Centre communautaire juridique de Montréal pour se joindre à la Commission des services juridiques.

Barreau 2011, la criminaliste avait fait son stage au Centre communautaire avant d’y commencer sa carrière. D’abord affectée à la justice criminelle pour adultes, elle a ensuite rejoint l’équipe de défense des droits des adolescents, où elle s’est découvert une véritable passion.

« Les adolescents, c'est bizarre à dire, parce qu'ils ont la réputation de ne pas parler, d'être renfrognés, mais je trouve qu'ils sont plus à l'écoute. Ils sont également plus vulnérables, donc ils nous écoutent beaucoup, ils nous font réellement confiance, ils sont moins dans la contestation, etc. Je les trouve sympathiques! » raconte-t-elle candidement.

Elle apprécie notamment que la justice pénale pour adolescents soit axée sur la réhabilitation. « S'il y a bien un moment où on a toutes les chances de les réhabiliter, c'est à l'adolescence », croit l’avocate.

Après neuf ans de pratique, Me Choquette Stuart cherchait toutefois un nouveau défi. À la Commission des services juridiques, elle prend le poste d’avocate-conseil au contentieux dans les domaines de droit criminel et de la justice pénale pour les adolescents. Elle ne travaillera plus directement avec les adolescents, ce qui va lui manquer, souligne-t-elle, mais qui sera moins « émotif ».

« Toute la partie d'analyse d’un dossier, de creuser une question, j'ai réalisé que j'aimais beaucoup ça. Mon nouveau poste va me permettre de creuser beaucoup de questions de droit. C'est rare qu'un avocat criminaliste a le temps que je vais avoir pour faire ça. »

Les six avocats de la CSJ sont également appelés à donner leur point de vue sur différents sujets de droit. Mais ce qui la motive le plus dans ce nouveau poste, c’est la possibilité d’apporter un nouveau regard sur les dossiers de ses collègues dans les centres communautaires juridiques à travers la province.

« Parfois, on est pris dans un dossier, on ne sait pas quoi faire et on a besoin de parler à quelqu'un qui a un oeil nouveau sur notre dossier, qui va avoir de nouvelles idées », estime-t-elle.

L’experte en justice pénale pour adolescents a vu le droit évoluer d’une bonne façon au cours de la dernière décennie, notamment en ce qui concerne la mise sous garde des ados, qu’on essaie de restreindre.

« Il y a eu beaucoup de changements quant aux conditions de remise en liberté, de probation, qui doit toujours évidemment mener à une protection de la société, des victimes et assurer la réhabilitation, mais le législateur demande à amoindrir le plus possible ces conditions, et de regarder la faisabilité de ces conditions, et de surtout ne pas mettre le jeune en échec. Je vois ça comme une belle amélioration, reste à voir comment ils seront appliqués, car les changements sont récents. »