Me Christiane Brizard. Photo : Langlois
Me Christiane Brizard. Photo : Langlois
Me Christiane Brizard rejoint Langlois afin d’y développer et y pratiquer une expertise en éthique et gouvernance.

Après 21 ans à l’Ordre des CPA du Québec, la Barreau 1981 sentait qu’elle avait besoin de donner un nouveau souffle à sa carrière. Droit-inc s’est entretenue avec elle pour connaître ses motivations…

Droit-inc : Qu'est-ce qu'il y a de si attirant chez Langlois pour dire, après 21 ans de loyaux services à l'Ordre des CPA, « je saute dans l'aventure »?

Christiane Brizard : À 60 ans, j'avais décidé que c'était ma dernière année à l'Ordre. Je voulais faire autre chose. En même temps que j'étais à l'Ordre, j'étudiais en éthique appliquée à l'Université de Sherbrooke. Je voulais me diriger vers l'éthique et la gouvernance dans ma troisième carrière. Je trouvais que le droit et les affaires ne répondaient pas à l'ensemble des questions que la société pose maintenant. Je croyais que mes études pouvaient m'aider à ça et que je pouvais développer une troisième carrière dans cette orientation.

De fil en aiguille, les gens ont su que je prendrais ma « retraite » de l'Ordre, mais pas la retraite de la vie active. Me Jean-François Gagnon m'a approchée pour me demander ce que je voulais faire et dans quel contexte je voulais le faire. Je lui ai expliqué que je voulais notamment donner de la formation en éthique parce que les ordres professionnels sont maintenant obligés de donner des formations en éthique à leurs membres et aussi à leurs conseils d'administration. Je voulais travailler dans ce domaine parce que les systèmes et les ordres professionnels, je connais quand même ça. Je voulais également développer des formations et de la réflexion en éthique pour conseiller les entreprises.

Me Gagnon a été emballé de travailler sur ce créneau. D'emblée, il a été enthousiasmé par le projet que je voulais mettre en place. Il m'a fait rencontrer son équipe d'avocats, qui sont très jeunes, et honnêtement ça m'a beaucoup emballée. Ce sont des gens de différentes venues, grands cabinets, petits cabinets, et qui veulent collaborer ensemble. De fil en aiguille, Me Gagnon m'a convaincue que je pouvais me réaliser chez Langlois, et c'est pour ça que je suis ici.

Dans votre réflexion, pourquoi vous en êtes venue à vouloir travailler en éthique et gouvernance?

Je considère qu'en médiation et en matière de gouvernance et d'éthique, on demande aux individus de réfléchir plus largement que de simplement avoir un respect de conformité, soit de penser aux valeurs qui nous animent, à comment travailler ensemble pour construire une solution, ou à comment ouvrir un accès à la justice par la médiation. On doit être capable de trouver une solution différemment. De temps à autre, on est dans un dilemme où les règles qui s'appliquent ne répondent pas nécessairement à toutes les situations. Comment réfléchir pour prendre une bonne décision dans les circonstances? C'est notamment par une réflexion sur l’éthique qu’on y arrive.

Est-ce que vous agirez en tant que mentor envers l'équipe d'avocats de Langlois que vous avez rencontré?

Je ne crois pas être une mentore pour tous! Certains sont des avocats chevronnés en matière de gouvernance, mais je pourrai certainement leur offrir un éclairage différent et une sensibilité à l'égard de l'éthique. Pour d'autres, je pourrai être une mentore sur l'accompagnement qu'on pourrait faire des ordres professionnels. Je travaillerai avec eux pour développer des créneaux qu'on veut développer en matière de gouvernance et en matière disciplinaire.

On est encore à mettre tout ça en place. Il y a beaucoup d'énergie et de dynamisme ici. Il y a une impulsion, les gens sont prêts à innover. Cette ouverture à faire les choses différemment m'a vraiment accrochée chez Langlois. Jean-François, notamment, est un visionnaire prêt à aller hors des sentiers battus pour développer des choses qui vont favoriser le client en bout de piste. Pour moi, c'est très important, et je l'ai vu tout de suite chez Langlois.

Votre page LinkedIn n'est pas détaillée sur votre parcours avant votre arrivée à l'Ordre des CPA. Est-ce votre première fois en cabinet?

Non, je trouvais ça trop long! (rires) J'ai commencé comme étudiante, stagiaire, puis avocate et associée chez Desjardins Ducharme. J'ai quitté en décembre 1992 pour ouvrir mon propre cabinet au Centre de commerce mondial, Brizard Laflamme Robinson. J'ai eu mon cabinet de 1993 à 1998. C'est là que j'ai été embauchée par l'Ordre des CA pour ouvrir les affaires juridiques et le secrétariat.

Qu'aimez-vous du fait d'avoir plusieurs clients, comparativement à l'Ordre des CPA où vous aviez un seul client?

J'en avais juste un c'est vrai, mais je travaillais dans tellement de dossiers différents, je touchais à beaucoup de choses. Le retour à avoir plusieurs clients, c'est sûr que ça représente un challenge parce que chaque client a ses propres besoins, ses propres objectifs et ses propres contraintes. Mais je dirais que Langlois m'accompagne bien dans ce retour aux sources. Il y a beaucoup de flexibilité dans l'approche client, en tenant compte de leurs besoins et de leurs intérêts. On peut avoir différentes méthodes pour offrir les services aux clients. Je ne voulais pas me retrouver dans un carcan où je serais coincée lorsque des clients ont besoin d'aide et qu'on ne peut finalement y répondre. On m'a donné une belle marge de manoeuvre sur ça.

Quels bons souvenirs gardez-vous de votre passage à l'Ordre des CPA?

J'ai fait l'unification des trois professions comptables. C'est un souvenir impérissable! Ces trois professions avaient tenté de s'unir de différentes façons depuis 1946. Parfois ils étaient même à couteaux tirés! Nous avons réussi cette fusion avec brio. On a servi de modèle pour le reste du Canada. On a prouvé que c'était possible de regrouper trois ordres en un et c'est pour moi un grand fait d'armes. C'est ce dont je suis le plus fière!

À 61 ans, vous ne semblez pas manquer d'énergie. Quel est votre secret?

(Rires) Je pense que c'est un trait de caractère de ma part. Dans ma tête, je n'ai pas l'impression d'avoir 61 ans! Je pense que tout est dans notre coeur et dans notre tête.

J'ai choisi la carrière d'avocate parce que je pensais pouvoir changer la société. Des choses surviennent qui font qu'on ne la change pas directement, mais qu'on aide à la changer. Je dirais que dans ma troisième carrière, c'est encore ça qui me motive: comment peut-on faire mieux, comment mieux faire le bien, comment amener les gens à réfléchir à tout ça et à les soutenir. Je crois que c'est ça qui me motive à continuer!