Paul Hodkinson. Photo : Twitter
Paul Hodkinson. Photo : Twitter
Selon l’excellent chroniqueur d’American Lawyer, Paul Hodkinson, c’est la question que se posent de plus en plus les milléniaux qui accèdent à la profession juridique. Ils voient maintenant le droit comme un parcours binaire.

Soient qu’ils s’investissent complètement dans leur carrière et sont prêts a cumuler les heures pour devenir éventuellement associé et faire beaucoup d’argent. Ou encore, ils utilisent leur formation juridique comme plateforme pour travailler à leur compte ou pour une petite firme ou pour réaliser des projets plus près de leurs intérêts personnels.

« Beaucoup de jeunes avocats se demandent si le jeu en vaut encore la chandelle. Ils peuvent avoir l’objectif de devenir associé d’une grande firme. Mais si cette réalisation se fait aux dépens de leur vie personnelle ou familiale ils s'interrogent si on peut vraiment appeler cela un succès », se demande Paul Hodkinson.

« Ce qu’on remarque, c’est que beaucoup de jeunes avocats définissent maintenant le succès comme de devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Et le problème, c’est que devenir un grand avocat est souvent en collision avec devenir un bon parent ou un bon conjoint. »

« Quand on fait un tour de table de jeunes avocats, on obtient des réponses révélatrices. L’un va dire que le bonheur au travail c’est de faire quelque chose qui le rend heureux. L’autre est prêt à faire un marathon professionnel pour atteindre son objectif alors qu’un jeune avocat définissait plutôt le bonheur comme la possibilité de participer aux activités de ses enfants. »

« Et même les avocats plus seniors s'interrogent sur le sens de leur profession. Le patron d’un grand cabinet britannique m’a confié récemment qu’il avait dû abandonner son passe-temps favori car son travail bouffait toutes ses heures disponibles et à son avis, cette situation était loin d’être une mesure de succès. »

« Et j’aime bien ce commentaire d’un gros client des cabinets juridiques. Il n’est pas seulement intéressé aux conseils que lui prodiguent ses avocats. Il est aussi intéressé aux avocats qui le conseillent. Et si leur vie ne va pas plus loin que leurs réalisations professionnelles, cela ne fait pas d’eux des personnes bien intéressantes », souligne Paul Hodkinson.