Robert Archambault, un avocat de 50 ans de pratique habitué aux grosses affaires
Robert Archambault, un avocat de 50 ans de pratique habitué aux grosses affaires
Lorsqu’il a racheté une fermette, en 1991, l’avocat Robert Archambault n’aurait jamais cru qu’il y serait confiné quasiment de force trente ans plus tard.

C’est pourtant ce qu’il vit depuis que le premier ministre du Québec, François Legault, a décidé de mettre le Québec sur pause jusqu’au 3 avril.

Avec son épouse, Me Archambault est désormais installé 24h sur 24 dans cette ferme des Cantons de l’Est de 10 acres, à 90 minutes de voiture de Montréal.

« Je suis les consignes du gouvernement à la lettre », raconte l’avocat de 76 ans, qui entame cette année sa 51eme année de pratique.

Tous les collaborateurs de son bureau Archambault Adel respectent les consignes et sont en télétravail. Le bureau principal du cabinet est situé en plein coeur du centre-ville de Montréal, à quelques minutes de marche des bureaux de Droit-inc. Là, tout est fermé.

Après la crise, l’avocat et l’éditeur de Droit-inc se sont d’ailleurs promis d’aller prendre un verre pour fêter la fin de l’apocalypse.

À la ferme

Me Archambault élève des animaux de ferme.
Me Archambault élève des animaux de ferme.
L’été, lorsqu’il n’est pas bureau, Me Archambault élève des animaux de ferme. Une petite production artisanale - et biologique - qui se limite à une centaine de poulets, une vingtaine de dindes et moins de 10 cochons. Comme l’élevage ne débutera qu’en juin, l’avocat a beaucoup de temps devant lui.

D’abord, il travaille de la ferme. Cinq heures par jour, cinq jours par semaine.

À la ferme, construite en 1886, il a tout ce qu’il faut. Me Archambault manie très bien les outils technologiques. Le téléphone, le numériseur et le courriel sont ses meilleurs amis. Il reçoit des documents par fedex directement à la ferme.

« Dans mon domaine, on n’a presque jamais besoin de rencontrer les clients en personne», explique l’avocat.

La grange
La grange
Il a peu de clients - une quinzaine - mais de très gros dossiers, dit-il. Près de neuf dossiers sur 10 sont en droit commercial, de la négociation surtout, mais également du droit litigieux et un peu de droit fiscal. De ceux-ci, il ne dira rien, secret professionnel oblige.

L’homme de loi est un habitué des grosses affaires. Jadis, il fut avocat-conseil pour la Vermont Joint Owners dans un arbitrage internationale. Il a été négociateur en chef pour les gouvernements fédéral et provincial, notamment lors de la réclamation ancestrale de la Bande Oujé-Bougoumou, de la Nation des Cris du Nord du Québec dans l’application de la Convention de la Baie James du Québec.

Il a aussi déjà été président de tribunaux d'arbitrage pour le compte de divers ministères. Il fait encore d’ailleurs un peu d’arbitrage.

Il ne s’ennuie pas!

Tous les jours, il sort prendre une grande marche avec son épouse. Et puis, il a développé une passion pour l’ébénisterie qui meuble ses journées.
Tous les jours, il sort prendre une grande marche avec son épouse. Et puis, il a développé une passion pour l’ébénisterie qui meuble ses journées.
Contrairement à beaucoup de gens, il ne vit pas le confinement forcé comme une calamité et n'a pas l’air de s’ennuyer.

Tous les jours, il sort prendre une grande marche avec son épouse. Et puis, il a développé une passion pour l’ébénisterie qui meuble ses journées. Ces jours-ci, il travaille sur la fabrication d’une grande porte laminée en acajou et en merisier.

Eh non, il ne s’engueule pas trop avec sa femme, malgré l’isolement. « La maison est assez grande, Y’a pas de problème! » dit-il en riant.

Un de ses passe-temps favori est d’écouter la radio. Ces jours-ci, il se passionne pour les reportages où il est question de la Covid, du confinement, et de l'anxiété que cela provoque chez beaucoup de gens. En tant que vieux sage, il a une théorie sur tout ce qu’il entend.

« Si les gens sont anxieux, c’est qu’ils avaient probablement un problème entre les deux oreilles avant la Covid-19 dit-il. Ils devraient régler ça avant de pointer la crise.»