Me Anne -France Goldwater, associée principale chez Goldwater Dubé
Me Anne -France Goldwater, associée principale chez Goldwater Dubé
Un bureau de Dazhou, dans la province de Sichuan, a cumulé plus de 300 demandes de divorce en 3 semaines.

La ville de Fuzhou a dû limiter son nombre de demandes de divorce à 10 couples par jour, submergée par un flot de pétitions de malheureux binômes.

Si le phénomène se reproduit au Québec, les avocats en droit de la famille pourraient être fort occupés à régler des demandes de divorces post-coronavirus.

«Pour les couples fragiles, toute cette tension, cela va achever de les fragiliser. Ça va accélérer l‘inévitable, c’est sûr », explique Me Anne -France Goldwater, associée principale chez Goldwater Dubé. L’avocate en droit de la famille entrevoit possiblement une hausse des demandes de divorce dans les prochains mois.

Elle ajoute que ce qui manque dans la société québécoise, c’est le désir de faire des faire des sacrifices, et cette période va exacerber cette tendance.

Mais l'avocate, bien connue pour avoir représenté Éric contre Lola, tempère avec une note d’optimisme, rappelant les mérites de traverser une épreuve ensemble.

«Peut-être aussi que cela va solidifier les relations, comme c’est arrivé après la deuxième guerre mondiale. Dans la crise du coronavirus, il y a un élément de danger physique qui peut rapprocher.»

Et si le scénario chinois se concrétise et les divorces affluent, « C’est certain que je devrai embaucher et ajouter du personnel. »

Maître Goldwater ne peut quantifier l'impact d’une crue de dossiers sur son chiffre d’affaires.

« C’est trop tôt pour voir à quel point nous en profiterons en terme monétaire, il faut être prudent.»

La tempête parfaite

Me Sylvie Schirm, Associée chez Schirm & Tremblay
Me Sylvie Schirm, Associée chez Schirm & Tremblay
Pour Maître Sylvie Schirm, Associée chez Schirm & Tremblay, l’explosion des divorces en Chine n’est pas une surprise et une potentielle vague au Québec ne l’étonnerait pas.

Chaque année, explique-t-elle, les divorces surviennent après que les couples aient passé plus de temps ensemble, soit après Noël et les vacances d’été.

« Alors imaginez une quarantaine forcée qui dure des semaines et des semaines, avec les soucis financiers qui s’ajoutent et les enfants qui sont là tout le temps… »

Elle souligne que les deux plus grandes causes de divorce sont l'argent et les enfants.

D’ailleurs, en ce moment, ce qui occupe le plus son bureau et ses avocats sont les problèmes de garde partagées entre les couples séparés.

« Donc ,vous voyez, le coronavirus, c'est la tempête parfaite pour les couples malheureux », souligne Maître Schirm.

Prêts pour le déluge

C’est l’accalmie en ce moment dans la plupart des bureaux d’avocats mais lorsque la masse de dossiers arrivera, Schirm & Tremblay a déjà une équipe en place pour gérer les périodes plus achalandées en raison de la nature saisonnière des divorces.

Aucun de leurs avocats n’a été mis à pied.

« De cette manière, quand le déluge commencera dans quelques semaines ou mois, nous serons tous prêts. »

L’avocate est ouverte à embaucher des nouveaux avocats et du personnel de soutien si nécessaire.

Cependant, tout comme Maître Goldwater, elle voit une réaction possible inverse en raison de la nature particulièrement grave de la crise.

« Il se peut que les couples, se sentant en danger, se rapprochent des vraies valeurs, et que cela les unifie au lieu de les diviser. »

À suivre donc, mais chose certaine, les statistiques de l’Empire du milieu demeurent difficiles à contourner pour tous les couples qui s'apprêtent à commencer une période de promiscuité contrainte.

Idem pour les avocats en droit de la famille qui ont besoin de clients en ces temps économiques difficiles.

Comme le dit le vieil adage britannique: « Darling, I married you for better or for worse, but not for lunch…»