Me John Murphy, grand patron de BLG
Me John Murphy, grand patron de BLG
Vendredi matin, le 3 avril dernier, tous les employés «hors avocats» du bureau de Montréal de BLG ont été convoqués par courriel à une réunion d’urgence virtuelle sur Webex.

Initialement prévue pour 12h15, la réunion a été reportée à 15h15 pour des pépins techniques.

Au menu de cette présentation: une capsule vidéo préenregistrée du grand patron national du cabinet, Me John Murphy, qui avait - les quelque 230 employés présents virtuellement s'en doutaient - de bien mauvaises nouvelles à annoncer.

Mises à pied temporaires pour certains, réduction des heures de travail pour d’autres, travail à temps partagé, baisse salariales… voici ce que le boss avait à leur dire.

Tous, leur a-t-il dit, seront touchés d’une façon ou d’une autre, en commençant par lui-même, puisqu’il leur a mentionné avoir proposé la veille au conseil d'administration de BLG de réduire sa propre rémunération de 50%.

Oui, la crise sanitaire mondiale a bel et bien commencé à rattraper les grands cabinets.

Pour les salariés qui demeurent en poste, incluant les avocats, la baisse salariale sera de 10% pour ceux gagnant 100 000$ et moins, et de 15% pour ceux qui touchent plus de 100 000$/an.

Pour les autres, c'est un peu moins rose.

André Dufour, associé-directeur du bureau de Montréal
André Dufour, associé-directeur du bureau de Montréal
Certains ont vu leur semaine de travail réduite à 3 jours par semaine - des adjointes de pratique notamment. D’autres, à accepter du travail partagé, un programme géré par l’assurance-emploi. Les moins chanceux se retrouvent temporairement au chômage.

« C’est dur mais je m’y attendais car depuis quelques semaines je n’avais rien à faire », explique une adjointe de BLG, qui s’est confiée à Droit-inc sous le couvert de l'anonymat.

Comme plusieurs de ses collègues, elle était déjà en télétravail depuis le 16 mars et bien qu’elle était payée, elle trouvait parfois le temps long.

« Mercredi dernier, par exemple, je n’ai reçu aucun travail à faire de la journée », dit-elle.

Quelques minutes après le discours en vidéo de John Murphy, elle a reçu un long courriel de l’associé-directeur du bureau de Montréal, André Dufour, lui annonçant qu’elle était mise à pied temporairement.

« Comme votre fonction est l’une des plus touchées par les changements qu’a connus le cabinet, vous ferez l’objet d’une mise à pied temporaire. Cet après-midi ou au cours de la fin de semaine qui vient, un membre des Ressources humaines communiquera avec vous pour vous donner plus de détails; vous recevrez également une lettre au cours de la semaine prochaine. Nous sommes conscients que cette situation peut être inquiétante, et nous souhaitons vous fournir le plus d’information possible dès maintenant, vous offrir des ressources qui pourront vous soutenir et nous rendre disponibles pour répondre à vos questions », écrit entre autres Me Dufour dans un courriel que Droit-inc a pu consulter.

Il n’empêche que BLG a bien traité ses employés, compte tenu des circonstances exceptionnelles.

Ainsi, chacun des employés a eu droit à 4 jours de vacances payés suivant sa mise à pied, en plus de la journée fériée du 10 avril.

BLG a également déposé une demande d’approbation auprès de Service Canada afin de leur verser des prestations complémentaires correspondant à 80 % de leur salaire.

Le cabinet maintient par ailleurs les avantages sociaux durant toute la période de la mise à pied.

« Dès la fin de la journée d’aujourd’hui, votre accès à nos systèmes, y compris votre accès au réseau à distance, à vos courriels et aux données du cabinet à partir d’un appareil portable géré par le cabinet seront suspendus. Nous vous recommandons de vous transférer le présent message à votre adresse de courriel personnelle », écrit un peu plus loin dans son courriel Me Dufour, qui précise que leurs accès leur seront remis dès leur retour au travail.

Mais quand?

Dans son discours, John Murphy a mentionné quelque part en juin...