Marc Dion, président de l'association
Marc Dion, président de l'association
Le début de la crise n’a pas été de tout repos pour Les avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ), nous dit le président de l’association Marc Dion. Si « la très grande majorité des avocats » sont maintenant en télétravail, conformément aux directives du gouvernement, les premiers jours du confinement ont vu leur lot d’anicroches.

« Il y a des endroits où on a des employeurs qui disaient “Il n’y a pas de raison pour que vous ne puissiez pas travailler, vous avez chacun vos bureaux, il n’y a pas de problème avec ça”, déplore Me Dion. On a été obligés d'insister pour que soit bien compris le message. »

L’association Les avocats et notaires de l’État québécois représente 1300 avocats oeuvrant dans des organismes tels que le Ministère de la justice, bien sûr, mais aussi la Régie du logement, l'Agence du revenu du Québec, l'Autorité des marchés financiers, l'Autorité des marchés publics, Investissement Québec et la Régie de l'énergie, pour ne nommer que ceux-là.

L’exception et non la règle

Le problème des « petites poches de résistance » est resté superficiel, heureusement. Le président de LANEQ compte sur les doigts de ses deux mains les cas de gestionnaires récalcitrants à favoriser le télétravail et limiter les déplacements. « Les choses se sont faites assez rondement », assure Me Dion.

Tout de même, c’est surprenant de la part de gestionnaires relevant de l’État. « Il y a des gestionnaires qui sont encore un peu à l'âge de pierre », soupire Me Dion, qui maintient cependant que tous ont fait preuve de bonne volonté.

D’autres délais ont été causés par l’organisation technologique que nécessite la consigne du télétravail pour tous. Certains organismes n’étaient pas munis d’accès VPN et de circuits sécurisés, par exemple.

« À l’Agence du revenu, c’est important pour les que les informations qui sont traitées ne soient pas interceptées par des pirates », illustre le Me Dion.

Des juges récalcitrants

Certains juges ont également pris du temps à se laisser convaincre lors des 10 premiers jours de la crise.

« Il y a des juges qui voulaient voir les avocats dans les salles quand même, souligne le président de LANEQ. Ça a été un sujet qui a pris beaucoup de temps dans les premières journées, et ça s’est tassé tranquillement. »

« Il y a des endroits pires que nous », indique toutefois Me Dion, qui donne l’exemple du Manitoba, où ça a pris des semaines avant seules les causes essentielles ne procèdent. Des avocats de la province ont même dû réaménager une salle d’audience, en « reculant et sortant une partie du mobilier pour avoir une distanciation ». La salle en question a ensuite été remise exactement dans l’état où elle était par le palais de justice.

Tous ces avocats et notaires de l’État québécois sont maintenant en télétravail, à l’exception de ceux relevant de services essentiels, qui doivent parfois se déplacer.