Me Michel Lebrun, président de l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense du Québec (AQAAD). Photo : Lacoursière LeBrun
Me Michel Lebrun, président de l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense du Québec (AQAAD). Photo : Lacoursière LeBrun
Me Michel Lebrun, président de l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense du Québec (AQAAD), exprime ses inquiétudes, sans restrictions.

La situation est, à son avis, préoccupante. Il estime que l’application de traçage développé par le gouvernement du Québec soulèvent de nombreuses questions, même si elle s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

« Les coûts et l’implantation de ces technologies doivent être évalués par rapport à l’objectif qui est poursuivi. Or, ce n’est pas clair. Est-ce qu’on veut faire des statistiques ou retracer des personnes contagieuses? Quelles sont les balises? Est-ce qu’on parle d’une surveillance qui pourrait s’apparenter à celle du bracelet GPS? Si c’est le cas, c’est une intrusion dans la vie privée. Il y a beaucoup de questions sans réponse sur l’objectif et sur les moyens», a-t-il affirmé, selon les informations du Le Soleil.

Certains ministères québécois planchent depuis quelques semaines sur des projets d’application mobile de traçage, pour repérer, semble-t-il, plus aisément les personnes atteintes de la COVID-19.

Si Me Lebrun comprend l’enjeu gravissime que représente cette pandémie, il croit que des débats devraient tout de même avoir lieu.

« Nous avons collaboré à trouver des solutions depuis le début de la pandémie, à chercher des façons de pouvoir remettre en marche le système de justice, tant les avocats de la défense que le DPCP, les policiers et la magistrature. Je comprends qu’on veut diminuer la pandémie pour s’en sortir le mieux possible et que toutes les solutions doivent être envisagées mais celle-ci est plutôt nébuleuse, d’autant plus qu’elle concerne la vie privée des citoyens », a-t-il déclaré, toujours selon Le Soleil.

Pour le moment, si une telle application voit le jour, Québec prévoit miser sur la collaboration des citoyens : son utilisation serait volontaire.

De son côté, Me Lebrun, comme il le confiait au Le Soleil, promet de demeurer vigilants : « Il faut toujours avoir à l’esprit que ces moyens doivent être mis en application avec le consentement des citoyens et non qu’ils leur soient imposés », conclut-il.