Me Marc Labelle. Photo : Radio-Canada
Me Marc Labelle. Photo : Radio-Canada
Le sergent-enquêteur Roberto Capone a livré un témoignage en faveur de Tony Accurso lundi au palais de justice de Laval, dans le cadre de la procédure d’appel de l’homme d’affaires qui conteste sa condamnation dans le dossier de la corruption, révèle La Presse.

« J’ai travaillé toute ma vie dans des dossiers qui impliquaient M. Accurso », a-t-il indiqué en cour.

Selon l’enquêteur, les arguments de l’avocat d’Accurso Me Marc Labelle pour porter la cause de son client en appel étaient tout à fait justes. M. Capone a de plus dénoncé un manque de « fair-play » des autorités envers M. Accurso, qui était selon lui « comme un trophée » pour l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Capone est un policier de 26 ans d’expérience qui avait été prêté par la Sûreté du Québec à l’UPAQ, au sein de laquelle il a notamment enquêté sur la corruption à Laval.

« C’était important d’avoir Accurso, c’était un trophée à l’UPAC », a poursuivi le policier.

Le premier procès de Tony Accurso en 2017 a avorté parce qu’une jurée avait reçu des allégations non vérifiées de son oncle sur des « valises de cash ». Puisqu’elle en a informé des membres du jury, celui-ci a été jugé contaminé. Une enquête de l’UPAC a alors eu lieu pour déterminer si quelqu’un avait eu l’intention de faire annuler le procès.

Le second procès l’année suivante a mené à la condamnation de Tony Accurso, qui fait maintenant appel de la décision. L’argument principal de son avocat Me Labelle : l’enquête sur les jurés a donné un avantage injuste à l’UPAC et aux procureurs de la Couronne, qui ont pu améliorer leur plaidoirie en s’adressant aux jury du premier procès.

« Ça leur donne un avantage, souligne Me Marc Labelle. (…) Il n’y a pas une partie qui est censée savoir quel est l’effet que ses témoins ont eu. »

Roberto Capone a dit au palais de justice se sentir mal parce que l’avocat avait raison. Les notes prises pendant l’enquête sur le jury auraient bel et bien permis d’améliorer la préparation pour le deuxième procès.

« J’ai vu les arguments (de Me Labelle), et je ne suis pas capable d’en défaire un », a dit l’enquêteur pendant son témoignage, en ajoutant qu’il avait dit dès le départ à ses patrons que cette enquête sur le jury plaçait l’UPAC en conflit d’intérêts.