Amir Attaran. Photo : Radio-Canada
Amir Attaran. Photo : Radio-Canada
Amir Attaran, professeur à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, a affirmé sur Twitter mercredi qu’il a été davantage victime de racisme à l’Université d’Ottawa que lorsqu’il travaillait aux États-Unis.

« Selon mon expérience d’homme “brun” dans une université bilingue sur la frontière du Québec et de l’Ontario, il y a beaucoup de racisme et, la plupart du temps, quand ils me parlent, leur premier mot est “bonjour” », mentionne le gazouillis.

Cette affirmation a suscité énormément de réactions sur le réseau social, dont celle du ministre de la Famille du Québec, Mathieu Lacombe, un ancien étudiant de l'Université d'Ottawa.

« Les gens de l’Outaouais qui y étudient, comme la majorité des Québécois, sont accueillants. Ça me désole de voir ce professeur traiter les Québécois de racistes. »

« Il s’agit, bien entendu, de racisme linguistique , dit Jean-Paul Perreault, président du mouvement Impératif français.

« Il fait un commentaire inacceptable. D’ailleurs, il ne connaît pas l’histoire du Canada. Il constaterait que les francophones, partout au Canada, subissent de la discrimination », a jugé M. Perreault.

Par courriel, l'Université d'Ottawa indique que les propos de M. Attaran ne reflètent pas les valeurs de respect, d'inclusion et de diversité de l'Université.

« L’Université a réaffirmé plus tôt cette semaine son engagement de continuer à combattre le racisme sur notre campus et au sein de notre communauté », a communiqué par écrit la responsable des relations avec les médias, Isabelle Mailloux.

« Nous dénonçons ainsi les propos racistes et haineux y compris ceux qui seraient attribués à certains de nos étudiants ou membres de notre corps professoral. »
Joint par Radio-Canada, M. Attaran a précisé que ses propos étaient basés sur son expérience personnelle.

« Je ne peux pas dire que les francophones sont tous racistes. C’est ridicule, ça. Mais on peut dire qu’il n’y a pas la même sensibilisation », a-t-il dit.

Il constate par ailleurs que les institutions francophones de l'Université ne prennent pas assez au sérieux leurs obligations en matière de diversité.

Le professeur Boulou Ebanda De B'Beri, qui enseigne les communications à l’Université d’Ottawa, croit aussi que les institutions francophones ont du retard sur les anglophones au chapitre de l'inclusion et de la diversité. Il constate que le racisme francophone est « différent » du racisme anglophone.

« Même si je ne partage pas à 100 % les propos d'Amir, je comprends effectivement qu'un anglophone — un anglophone racisé en plus — peut se sentir mal à l'aise. Même à l'Université d'Ottawa », a déclaré M. Ebanda De B’Beri.

Selon lui, l'avenir du français à l'Université d'Ottawa repose sur une plus grande présence de personnes issues de la diversité, notamment parmi les professeurs.