Me Marcel-Olivier Nadeau. Photo : RSS.
Me Marcel-Olivier Nadeau. Photo : RSS.
Le Barreau du Saguenay se renouvelle.

Lors de l’Assemblée générale annuelle, qui s’est tenue le 15 juin dernier, ses membres ont élu un nouveau bâtonnier, Me Marcel-Olivier Nadeau, Barreau 2010.

Avocat au bureau de Saguenay du cabinet Robinson Sheppard Shapiro, Me Nadeau exerce dans le domaine du droit des assurances.

Entretien.

Vous êtes, depuis quelques semaines, le bâtonnier du Saguenay pour la prochaine année. Comment vous sentez-vous?

Très bien.

Le défi, bien sûr, est de taille, parce que je suis avocat en pratique privée et parce que je dirige le bureau de Robinson Sheppard Shapiro à Saguenay.

Donc, je ne manque pas d’occupation, mais c’est très enthousiasmant. J’ai accepté de relever le défi, et je vois cela d’un très bon oeil.

Comment réagit-on lorsqu’on obtient une telle marque de confiance de la part de nos confrères?

C’est très valorisant.

Je le prends aussi avec beaucoup d’humilité parce que, voyez-vous, je pratique depuis dix ans, mais j’ai fait mes six premières années de pratique à Montréal.

Je suis de retour dans la région depuis seulement cinq ans, donc je le prends avec humilité. C’est très valorisant, très stimulant, il n’y a pas de doute à cela.

À titre de bâtonnier, qu’espérez-vous réaliser dans le courant de la prochaine année?

Mon premier commentaire, c’est de penser à tous les avocats de la région ; à penser à tous les efforts qu’ils ont faits et à la débrouillardise dont ils ont fait preuve, depuis l'avènement de la COVID-19.

Dans tous mes dossiers, et cela est aussi vrai pour mes confrères et consoeurs, tout le monde est à l'oeuvre ; tout le monde déploie de l’énergie et des efforts considérables pour permettre aux dossiers d’avancer et pour permettre aux justiciables de faire valoir leur droit.

Dans la même veine, ici, au Saguenay, ont a formé un comité de continuation des activités, avec tous les intervenants du milieu judiciaire (...) tout a été mis en place pour rendre un service au citoyen.

Ce que j’aimerais réaliser, dans le cadre de mon mandat, se trouve dans la continuation de tout cela. La crise du COVID-19 n’est certainement pas terminée, tout le monde parle de deuxième vague, il va falloir être tout aussi proactif, à l’automne, pour s’assurer que les justiciables aient un bon service.

La réalité régionale est différente de la réalité en métropole, mais les règles sont les mêmes. Il faut respecter la distanciation sociale, les palais ont été complètement épurés, les allées et venues sont contrôlées, etc.

Les règles sanitaires devront demeurer en vigueur. En plus, on ignore, pour le moment, celles qui s’appliqueront à l’automne. C’est donc le défi principal ; la chose sur laquelle je vais demeurer concentrer.

Les activités du Barreau du Saguenay, quant à elle? La plupart doivent être compromises…

Normalement, nous (Barreau du Saguenay) tenons une rentrée judiciaire ; un congrès annuel ; une soirée annuelle ; une remise de médailles au mérite, etc.

Pour l’automne, ces choses-là vont se dérouler de manière virtuelle, comme ailleurs au Québec, si d’autres activités ont à se tenir à l’automne, ce sera de manière virtuelle, également.

Pour l’année 2021, du moins, pour la proportion de l’année 2021 qui me concerne, nous avons convenu, au Conseil de section, d’en discuter au mois de décembre (pour fixer des dates, faire des réservations, si cela est réaliste).

C’est l’autre défi : des activités qui reviennent normalement au calendrier doivent, cette année, être complètement revues en raison de la forme virtuelle qu’elles prendront. C’est d’ailleurs impossible, actuellement, d’établir un calendrier d’événement complet pour l’année à venir. Nous devons en repousser la planification.

Sans surprise, un mandat sous le signe de la COVID-19…

Absolument! C’est une année hors du commun, même singulière.

Mais je la prends de bon oeil : j’ai vu des gens au travail depuis mars dernier ; j’ai vu des avocats et des juges qui voulaient faire avancer des dossiers. Je pense que cela restera comme mentalité, et que nous allons, jusqu’à la toute fin, surmonter la crise dans cet état d’esprit là.

Pour toutes ces raisons, vous devez appréhender un automne chargé, non?

Je pense que ce sera chargé au niveau des agendas des avocats et au niveau du rôle à la cour.

Je pense aussi qu’on sera peut-être… bousculé, s’il y a une seconde vague. Oui, je pense que ce sera un automne chaud, je crois qu’on peut le dire comme cela.

Cela ne me fait pas peur, et je ne crois pas que cela fait peur aux intervenants judiciaires, ni à la magistrature. C’est juste que nous sommes conscients que nous allons devoir nous retrousser les manches et travailler fort.

Vous avez fait allusion, plus tôt, aux tribunaux du Saguenay, qui sont ouverts depuis le 1er juin dernier. Comment se déroule la réouverture?

Cela se passe assez bien, pour ce qui est du non urgent, des auditions se déroulent en personne, nous bénéficions également des services du ministère de la Justice comme un peu ailleurs au Québec, nous avons des rôles de pratiques pour l’été, etc.

Les choses reprennent. On voit une différence majeure entre maintenant et les mois de mars et d’avril (...) cela reprend.

Moi-même, j’ai reçu des avis de gestion, j’ai plaidé en gestion, chose qui était plus rare au printemps. Mes confrères et consoeurs me disent la même chose. Ça va mieux. Ça va bien. C’est l’été. On sait que l’automne sera peut-être différent, mais, pour le moment, il n’y a que du positif. On se croise les doigts, et on fonce.

Est-ce que les mesures sanitaires compliquent ou modifient le fonctionnement des palais de justice, dans une certaine mesure?

Au palais de justice, au niveau civil, pensez seulement aux interrogatoires préalables.
Nous étions habitués de nous rassembler dans des salles exiguës, avec dix, douze ou treize personnes, pour tenir des interrogatoires préalables, dans des dossiers où il y a plusieurs parties, et où des clients veulent assister.

C’est tout un pan de notre pratique habituelle qui ne peut pas se faire de la même manière, mais qui doit se faire tout de même. Autrement, les dossiers pourraient ne pas avancer pendant des mois, ce qui est inadmissible.

Il faut rechercher des solutions pour tenir ce type d’événements et ce type de procédures autrement. Tout doit être imaginé, à mon sens, pour permettre aux dossiers de nos clients d’avancer. On ne peut pas simplement attendre.

Il faut respecter les règles sanitaires, et faire preuve d’imagination et de débrouillardise pour faire avancer les dossiers.

En terminant, sur une note plus légère, où vous voyez-vous dans cinq ans?

Impossible à dire (rires). Je me vois certainement toujours dans mon bureau, toujours au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Je n’ai pas de plan autre que la continuation de ma pratique privée.