Me Angela Joshi. Photo : Facebook.
Me Angela Joshi. Photo : Facebook.
« Martin Carpentier. Rendez-vous à la police… Je vais vous représenter à la cour. Vous n’êtes pas seul! »

Tel est le contenu de l’une des trois affiches brandies par Me Angela Joshi, Barreau 2011, devant le palais de Justice de Montréal, à l'intersection du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Antoine est.

Jointe par Droit-inc, la bachelière en droit nous a raconté son histoire ; une saga judiciaire où elle perd, selon ses dires, injustement, la garde de ses deux garçons, aujourd’hui âgés de quatre et six ans. Nous y reviendrons.

Cette saga judiciaire est à l’origine de Juripapa, le nom qu’elle donne à son cabinet, lancée la dernière, affirme-t-elle.

Elle explique, plus important, sa volonté de représenter Martin Carpentier, le fugitif suspecté de la mort de ses deux filles, Romy et Norah.

« Je vais être là chaque jour (au palais de Justice). Si Martin Carpentier est trouvé mort, je serai toujours là, mais je vais changer la pancarte. C’est tout », nous a-t-elle confié.

C’est qu’Angela Joshi estime, elle aussi, être l’une des « victimes » du droit familial québécois. Cette expérience, selon elle, la rapproche du vécu de plusieurs pères au Québec.

« Ayant (moi aussi) vécu la colère du système judiciaire, le pouvoir des fausses accusations et la torture et la privation négligemment infligées par les juges des tribunaux de la famille, je peux comprendre ce que les pères, victime du tribunal, peuvent ressentir », indique-t-elle, dans un document en anglais qu’elle nous a transmis.

Juripapa. Photo de courtoisie.
Juripapa. Photo de courtoisie.
« Moi aussi, j'ai été submergé par des sentiments d'impuissance et de désespoir en raison de l’ingérence des tribunaux dans ma vie et celles de mes enfants (...) Moi aussi, j'ai été à une mauvaise décision de faire de moi-même et de mes enfants le sujet d'une alerte Amber », note-t-elle.

« Si cela peut m'arriver (...), alors cela signifie qu'il y a probablement des milliers d'hommes dans ce pays qui subissent le même sort. Des pères désespérés, fauchés et brisés, contraints de passer de nouvelles vacances d'été sans leurs enfants (...) ».

Son cœur de mère n’accepte toujours pas la perte des droits de garde de ses deux fils. Affirmant avoir vu ces derniers moins de 40 heures au cours des quinze derniers mois, elle espère aujourd’hui venir en aide à d’autres.

Elle veut aider les pères, qui, selon elle, potentiellement comme Martin Carpentier, sont confrontés à des « situations impossibles », signe d’un « acharnement » des tribunaux.

Plus largement, comme elle le dit elle-même, elle veut intervenir contre les « graves injustices et actes de discrimination » qui, selon elle, se produisent « chaque jour dans les tribunaux de la famille au Canada » contre les pères de famille.

Accusation d’agression sexuelle

Juripapa. Photo de courtoisie.
Juripapa. Photo de courtoisie.
À plusieurs reprises, Me Joshi a émis des allégations, difficilement vérifiables, contre le système de justice québécois, en particulier le domaine du droit familial, ainsi que contre son ex-épouse, qui l’accuse d’agressions sexuelles.

Ces allégations ont été jugées suffisamment sérieuses pour que des accusations soient déposées contre elle au criminel. Angela Joshi nie celles-ci catégoriquement.

Après six jugements et ordonnances défavorables en Cour supérieure, elle demeure convaincue d’être victime de discriminations. Les tribunaux, selon elle, se contentent d’avaliser les « fausses déclarations » de son ex-épouse. Même chose essentiellement pour l’évaluation psychologique, défavorable à son égard, qui a contribué à la perte de son droit de garde.

« Au lieu d'intervenir dans l'intérêt supérieur des enfants - pour corriger une injustice que le tribunal a lui-même contribué à créer et à perpétuer -, il semble que le tribunal préfère tester ma patience, dans l'espoir de me pousser, mes enfants et moi, à un point de rupture, où notre séparation prolongée pourrait alors être justifiée rétroactivement (...) ».

Aujourd’hui, Angela Joshi a les yeux rivés sur le 12 août : à cette date, son aîné fêtera son septième anniversaire. Elle espère qu’elle pourra, même si elle a dû mal à y croire, le célébrer avec lui.

En attendant, elle affirme qu’elle continuera de militer devant le palais de Justice.

Son objectif? Marcher autour du palais, quelques heures par jour, et s’y présenter au moins 470 fois… soit le nombre de jours, en date du 15 juillet dernier, qu’elle et ses enfants sont séparés.