Me Luce Bourbeau. Photo : Macogep Tornatech
Me Luce Bourbeau. Photo : Macogep Tornatech
Le droit et le vélo: deux domaines où l’esprit de compétition est très fort. Pas étonnant que Me Luce Bourbeau ait une passion pour les deux.

Cette jeune avocate de 29 ans a quitté son emploi chez Stikeman Elliott il y a plusieurs mois pour se consacrer au vélo.

Le dépassement de soi, le désir de vouloir gagner, l’avocate spécialisée en litige les ressentaient par rapport à son travail. Mais elle avait envie de voir jusqu’où ces mêmes ambitions pourraient la mener, un coup de pédale à la fois.

«Conjuguer les deux à temps plein, c’est quasiment impossible, raconte la jeune femme originaire des Îles-de-la-Madeleine. Tu fais les deux à moitié, tu es tout le temps fatiguée.»

Luce Bourbeau fait partie de l’équipe Macogep-Tornatech-Girondins de Bordeaux, qui possède sa licence de l’Union cycliste internationale (UCI). Elle a travaillé chez Stikeman Elliott comme étudiante en droit pendant trois étés. Elle y a ensuite fait son stage, avant d’être admise au Barreau en 2019. Elle y a travaillé comme avocate à pendant presqu’un an.

Elle se souvient du rythme de vie complètement fou qu’elle avait. Comme dans le métier d’avocat, «tu ne sais jamais à quelle heure tu sors du bureau», elle faisait ses entraînements le matin.

Me Luce Bourbeau. Photo : LinkedIn.
Me Luce Bourbeau. Photo : LinkedIn.
Deux fois par semaine, elle se levait à 4h30, enfourchait son vélo de 5h à 8h, puis se préparait pour le travail. Les autres jours, les entraînements étaient un peu moins longs, donc elle pouvait se lever un peu plus «tard». Et elle gardait les entraînements qui s’étalaient sur quatre ou cinq heures pour la fin de semaine.

«C’est sûr que tu n'es pas 100% efficace au bureau, quand tu t’entraînes entre 15 et 20 heures par semaine, c'est impossible», avance-t-elle.

Il faut dire que le vélo de compétition est arrivé tard dans sa vie… à peu près au même moment où elle entamait des études en droit, à l'âge de 24 ans. Elle a même abandonné la compétition pendant deux ans, alors qu’elle se préparait à entrer à l’École du Barreau.

Avocate à temps partiel

Me Luce Bourbeau. Photo de courtoisie.
Me Luce Bourbeau. Photo de courtoisie.
L’été dernier, alors qu’elle voulait tenter sa chance pour se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo (qui devaient se tenir cet été, avant que la COVID-19 ne bouleverse tout), Stikeman Elliott lui a permis de travailler à temps partiel. Inutile de préciser que c’est plutôt rare, dans un grand cabinet d’avocats… Mais la juriste sentait que ses patrons l’encourageaient dans sa carrière sportive.

Malheureusement, elle n’a pas réussi à se qualifier. Mais elle a tout de même pris la décision de quitter le cabinet en janvier dernier pour se consacrer au vélo. Elle participé au Tour des Émirats arabes unis, en février dernier, juste avant que la pandémie ne fasse tout cesser. Elle a obtenu la 35e place.

Elle ne sait pas si elle se rendra aux Jeux olympiques de 2024, à Paris.

«Je prends ça une année à la fois, confie-t-elle. Je le fais parce que j’aime le mode de vie que ça m’apporte. Je continue de progresser, donc j'aimerais voir jusqu'où je peux me rendre. Si c'est les Olympiques, tant mieux, mais sinon, je n'aurai pas vraiment de regrets.»

Retour au droit

Me Luce Bourbeau. Photo de courtoisie.
Me Luce Bourbeau. Photo de courtoisie.
«C’est clair que je vais revenir au droit. Je ne sais trop pas quand, mais ca sera dans un avenir pas si lointain!»

En attendant, puisque toutes les compétitions sont annulées, elle se rend compte que la pratique du droit lui manque... même si elle s’entraîne entre 18 et 28 heures par semaine.