La juge retraitée, Nicole Gibeault dénonce des causes inutiles. Photo : Radio-Canada
La juge retraitée, Nicole Gibeault dénonce des causes inutiles. Photo : Radio-Canada
La juge à la retraite Nicole Gibeault ne mâche pas ses mots.

Dans un entretien avec Le Droit, la magistrate a dénoncé un usage abusif des tribunaux.

Selon elle, les juges et tribunaux doivent apprendre à mieux choisir leur combat; être plus « interventionniste » pour éviter de consacrer des ressources judiciaires à des causes insignifiantes… au détriment de dossiers importants.

« Certaines causes frisent le ridicule, admet la juge retraitée au franc-parler. Quand on est rendu à entendre une poursuite de 45$ pour un chat de plâtre à patte cassée... Un moment donné, c’est un peu du n’importe quoi. On judiciarise une affaire de client qui a cassé le bibelot d’un commerçant », a-t-elle déclaré selon Le Droit.

La juge Gibeault craint que les magistrats interviennent de plus en plus des causes « sans bon sens ».

« Des dossiers extrêmement importants sont “tassés” à cause d’autres affaires qui n’en valent pas vraiment la peine ou qui s’éternisent parce que les parties impliquées sont en “médiation avec les bras croisés”. Quand tu es plein d’émotions, ça bout, et tu veux gagner à tout prix. Tu ne veux pas lâcher, tu veux donner du trouble à l’autre. Cela a beaucoup d'impacts sur le système judiciaire », estime-t-elle, toujours d’après Le Droit.

« On en voit, des gens insatisfaits pour une cause mineure aux petites créances. Certains vont aller en deuxième instance, et dire qu’ils veulent même se rendre en Cour suprême! Les tribunaux supérieurs vont souvent répondre : “je n’écoute même pas ça” », a-t-elle ajouté, comme le rapporte le quotidien.

Sa solution?

La magistrate affirme qu’il faut améliorer le processus de médiation et l’aspect psychologique des poursuites judiciaires.

« Les ressources et le temps accordé doivent être proportionnels à la cause », conclut-elle au Le Droit.