Mes Maureen Flynn, Stéphane Fillion et Hélène Bussières. Photo : LinkedIn et Sites Web de Fasken et de Stikeman Elliott
Mes Maureen Flynn, Stéphane Fillion et Hélène Bussières. Photo : LinkedIn et Sites Web de Fasken et de Stikeman Elliott
Le College of Labor and Employments Lawyers est une association professionnelle nord-américaine à but non lucratif qui choisit des membres éminents du droit du travail et de l’emploi. Située au Maryland, aux États-Unis, l’association admet aussi des Canadiens. Cette année, sur 86 nouveaux membres, 10 sont Canadiens et seulement trois sont Québécois.

Il s’agit de Me Maureen Flynn, arbitre et médiatrice travaillant à son compte, de Me Stéphane Fillion, avocat associé chez Fasken, et de Me Hélène Bussières, avocate associée chez Stikeman Elliott.

Une consécration

Pour Me Stéphane Fillion, cet honneur est en quelque sorte une consécration. Depuis le début de sa carrière, il a vu beaucoup de collègues qu’il admirait devenir membres du College, au fil du temps.

« J'espérais un jour faire partie de ce groupe réputé et prestigieux, raconte-t-il en entrevue à Droit-inc. C’est une grande reconnaissance, et j’en suis extrêmement fier! Je suis aussi très humble par rapport à cela : je regarde les noms sur la liste et je me sens petit! »

Le procureur patronal croit qu’il a été récompensé pour son travail acharné, mais aussi pour les bonnes relations qu’il entretient avec ses pairs – même ceux qui sont parfois ses adversaires, comme les avocats syndicaux. Selon lui, le College accorde beaucoup d’importance à cet aspect de respect et de collégialité.

La liste des récipiendaires au fil des ans est d’ailleurs assez variée : des avocats patronaux, des avocats syndicaux, des juges administratifs ou de cour, ainsi que des professeurs. Et cette année, il y a même une arbitre : sa consoeur québécoise Maureen Flynn, « très reconnue dans le milieu », selon Me Fillion.

Une belle surprise

Pourtant, Me Maureen Flynn a été assez surprise lorsque le College l’a contactée par courriel, en janvier dernier, pour savoir si elle acceptait que sa candidature soit proposée. Elle avoue candidement qu’elle ne connaissait pas l’institution.

Il faut savoir que pour qu’une candidature soit étudiée, elle doit d’abord être proposée par deux membres du College. Ensuite, les deux fellows contactent la personne proposée et lui demandent si elle accepte d’être recommandée. Le candidat doit ensuite remplir toutes sortes de formulaires pour répondre à des questions sur sa pratique, sa carrière, son éthique de travail…

Les juristes admis ont finalement appris la bonne nouvelle le 22 juin dernier – soit environ six mois après le dépôt de la candidature.

« J’étais pas mal honorée », mentionne Me Flynn.

Évidemment, COVID oblige, la cérémonie de reconnaissance qui se tient habituellement à Beverly Hills n’aura pas lieu, cette année. Mais Me Flynn est très enthousiaste d’aller à la rencontre (virtuellement, pour l’instant) de ce réseau de collègues américains et canadiens avec qui elle pourra échanger et découvrir d’autres pratiques.

Membre du Barreau depuis 1982, celle qui est maintenant arbitre et médiatrice a eu « la piqûre des relations de travail » au milieu des années 1980, alors qu’elle travaillait comme conseillère politique pour le ministre du Travail de l’époque, Pierre Paradis. Elle a par la suite été directrice des relations du travail pour l’Association des entrepreneurs en construction du Québec – un milieu où les femmes se faisaient très rares, à l’époque. Elle a ensuite migré vers la médiation et l’arbitrage, avant de se lancer à son compte.

C’est elle qui a été nommée arbitre dans le processus d’équité salariale entre les facteurs ruraux et suburbains de Poste Canada, il y a quelques années.

Un parcours « accidentel »

De son côté, Stéphane Fillion a eu un parcours qu’il qualifie d’« accidentel » : il ne voulait même pas devenir avocat, lorsqu’il a entrepris des études en droit.

« C’était un deuxième choix, explique-t-il en riant. Mais finalement, j’ai eu un déclic. »

Il a fait la connaissance de Me Suzanne Thibodeau, chez Heenan Blaikie, qui était « le plus grand bureau en droit du travail, à l’époque », selon Me Fillion. Il y a commencé comme stagiaire, puis il est devenu avocat et y resté jusqu’à la fermeture, en 2014.

« Ç’a comme tracé le reste de ma carrière. Le droit du travail était le champ où je me voyais le plus, parce que ça allie le droit et les relations humaines. On devient partenaire des gens en ressources humaines, des employés, des représentants syndicaux… C’est un champ assez particulier, assez différent du litige et du droit commercial. »

Il est plutôt impatient, lui aussi, de participer à des formations données par ses collègues du College.

« Dans une carrière d’avocat, on n’a jamais fini d’apprendre! »