Mike Ward avait été condamné en 2016 à verser 35 000 $ de dommages-intérêts à Jérémy Gabriel dont il s'était moqué dans un de ses spectacles. Photo : Radio-Canada
Mike Ward avait été condamné en 2016 à verser 35 000 $ de dommages-intérêts à Jérémy Gabriel dont il s'était moqué dans un de ses spectacles. Photo : Radio-Canada
Mike Ward avait pris la décision de porter l’affaire devant le plus haut tribunal du pays après avoir été débouté en Cour d’appel dans un jugement confirmant la décision du Tribunal des droits de la personne qui a condamné en 2016 l’humoriste à verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel pour s'être moqué sur scène de son handicap.

Dans le jugement partagé de deux juges contre un, la Cour d’appel expliquait que l'humoriste était allé trop loin dans ses blagues sur le jeune homme et que ses propos étaient bel et bien discriminatoires.

(L’époque) où l’on exploitait le handicap de certaines personnes pour divertir la population est révolue, avaient écrit les juges.

La mère de Jérémy Gabriel, qui demandait elle aussi un dédommagement dans cette affaire, avait quant à elle été déboutée dans le jugement de seconde instance.

Jeremy Gabriel estime qu'il n'y a aucun motif juridique qui justifie que la Cour suprême du Canada se penche sur la décision rendue à deux reprises contre l'humoriste Mike Ward. Photo : Radio-Canada
Jeremy Gabriel estime qu'il n'y a aucun motif juridique qui justifie que la Cour suprême du Canada se penche sur la décision rendue à deux reprises contre l'humoriste Mike Ward. Photo : Radio-Canada
L'avocat de Mike Ward, Me Julius Grey, avait décidé de porter la cause devant la Cour suprême du Canada en invoquant notamment la liberté d'expression et la dissidence de la juge Savard dans le jugement de la Cour d'appel.

Selon le juriste, la rectitude politique et la tendance actuelle au Canada ont donné trop de poids à une version intégrale d’égalité et pas assez à la liberté d’expression. Je ne pense pas que la comédie viole le droit à l’égalité de quelqu’un, avait plaidé à l’époque Me Grey.

Dans le clan de Jérémy Gabriel, on estime qu'aucune erreur de droit n'a été commise par les tribunaux antérieurs et que la Cour suprême du Canada n'a aucune raison de se saisir du dossier.

Jérémy Gabriel, qui souffre d’une maladie congénitale ayant déformé son corps, avait été chanteur lorsqu’il était enfant. Il s’était illustré en chantant pour le pape Benoît XVI en mai 2006.

Plus tard, il a poursuivi une carrière de chanteur et de comédien.