Photo : Shutterstock
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La juge Monique Lavallée n’a pas mâché ses mots.

« Il est inadmissible que des enfants vulnérables âgés de 6 et de 8 ans au moment du signalement, que l’on allègue victimes d’abus physiques, soient laissés seuls à leur sort sous la responsabilité de l’auteur présumé des abus », a-t-elle écrit dans une décision rendue publique récemment, selon La Presse.

Dans sa décision, la magistrate critique vertement la DPJ de l’Estrie, estimant qu’elle a échoué à protéger les droits fondamentaux de deux enfants âgés de 6 et 8 ans, victimes d’abus physiques de la part de leur mère.

Malgré un premier signalement en mai 2019, la DPJ n’est intervenue qu’un mois et demi plus tard, vers la mi-juillet, à la suite d’un second signalement.

La juge Lavallée a notamment qualifié ce délai d’« inacceptable », ajoutant que les enfants « (...) ont été de nouveau victimes d’abus physiques suivant le premier signalement, et ce, en raison de l’inaction, certes involontaire, du Directeur », toujours d’après La Presse.

Plus largement, la magistrate dénonce les explications mises de l’avant par la DPJ de l’Estrie. À ceux, qui, en réponse à la médiatisation de certains dossiers, répondent que les cas urgents sont traités rapidement, la magistrate rétorque du tac au tac.

« Ce n’est clairement pas toujours le cas et la soussignée ne peut croire que le hasard a voulu qu’elle soit saisie des trois seuls cas de cette nature au Québec », a-t-elle écrit, toujours selon La Presse.

Dans un entretien téléphonique accordé à La Presse, l’avocate Me Valérie Dauphinais, qui représente l’une des deux victimes mentionnées ci-haut, semble abonder dans la même direction.

« Ce sont des situations qui arrivent trop souvent actuellement », a-t-elle déclaré.