L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
L’avocate Sophie Mongeon est une fonceuse.

Elle relève les défis. Et adore cela!

En 1990, la famille Mongeon s’est retrouvée, bien malgré elle, au coeur de l’action. Ses parents, Réjean et Andréa, avaient emménagé avec elle, âgée de seize ans à l’époque, à Oka, au 1 rang du milieu, l’année précédente.

« En plein dans la réserve », lance Me Mongeon au téléphone.

Au début du mois d’août, face aux tensions croissantes à Kanesatake, la famille Mongeon est contrainte d’évacuer.

Quelques semaines plus tard, le 31 août, c’est la consternation : ils constatent le saccage de leur maison et de leur ferme.

Près de 100 000$ de dégâts, doublé du refus d'indemnité des assurances. Un supplice pour ses parents, et, en particulier, son père, contraint de renoncer à son rêve de ferme équine. « J’ai vu mes parents souffrir », mentionne-t-elle.

« Mon père a été très malade cette année-là, sans compter le stress physique que cela lui a causé. Il y a pratiquement laissé sa peau. »

Photo : Site Web de la Crise d'Oka
Photo : Site Web de la Crise d'Oka
Un « apprentissage »

Même si elle reconnaît la dureté de cette épreuve, elle y voit aussi un « apprentissage. »

« Rien n’arrive pour rien », comme elle le souligne. « C’est ce qui a fait ma destinée, surtout après avoir retrouvé les lettres. »

Ces fameuses lettres ont été écrites par Claude Ryan et Robert Chevalier, caporal de la Sûreté du Québec. Tous deux ont accepté de lui rédiger des lettres de recommandation pour l’aider à entrer dans les facultés de droit du Québec.

« Toute ma vie, j’ai rencontré des gens qui m’ont aidé à avancer; des gens qui m’ont donné un petit coup de pouce », illustre-t-elle.

Ces rencontres expliquent en partie son engagement en droit, alors qu'elle ignorait toujours, au Cégep, de quoi serait faite sa carrière.

Photo : Site Web de la Crise d'Oka
Photo : Site Web de la Crise d'Oka
« Après avoir côtoyé Claude Ryan, après avoir rencontré des gens, des policiers, des caporaux… cela m’a offert un aperçu de ce que je désirais faire », affirme la Barreau 1997.

« J’ai vu mes parents; la difficulté qu’ils ont eue à revendiquer leurs droits auprès des gouvernements. J’ai aussi vu leur difficulté à obtenir justice auprès des assurances. »

Tout cela l’inspire à défendre les citoyens ordinaires.

Un signe du destin

Aujourd’hui, les accomplissements s’enchaînent pour l’avocate, qui, depuis 2017, occupe la présidence de Desroches Mongeon avocats : elle oeuvre pour plusieurs organismes à titre d’avocate-conseil, dont l’Association des victimes de l’amiante du Québec, l’Association pour les droits des accidentés et l’Association des Familles de Personnes Assassinées ou Disparues.

L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
Elle s’implique aussi auprès de Leucan, son fils de dix-huit ans étant atteint d’une leucémie chronique. Elle est Ambassadrice pour Cochic, une entreprise québécoise qui encourage le slow fashion.

« J’ai une collection d’accessoires qui porte mon nom. Un pourcentage de ces ventes est versé à Leucan », précise-t-elle.

Ces engagements cadrent parfaitement avec son histoire; ils trouvent leur racine dans les événements de la crise d’Oka – événements qui l’ont poussée, comme entendu ci-haut, à lutter contre les injustices.

Bien sûr, en relisant, après trente ans, la lettre du caporal Chevalier, Me Mongeon ne cache pas éprouver une immense fierté. « Calme évident », « contrôle exemplaire » et « relève attendue » sont quelques-uns des épithètes employées par le caporal pour la décrire.

Sauf qu’elle y voit aussi autre chose : un signe de sa destinée. « C’est comme si le destin avait décidé de ce que je devais faire. Avant ces événements, je n’en avais aucune idée. »

L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
L’avocate Sophie Mongeon. Photo : Courtoisie
Une destinée qu’elle consacre a aidé les citoyens ordinaires et victimes d’injustice. « Je m’amuse à dire que je suis un peu comme Robin des Bois. »

Plus tard, lors de l’entretien, elle dira : « une avocate du peuple. »

Avec raison, Sophie Mongeon parle « au nom du citoyen, celui qui n’a pas de voix. »