Me Pierre-Hugues Miller. Photo : LinkedIn
Me Pierre-Hugues Miller. Photo : LinkedIn
« Aux grands maux les grands moyens », dit le proverbe.

Jean-François Marquis le comprend bien. Le Montréalais, dont le nom s’est retrouvé sur une liste « d’abuseurs présumés », s’est tourné vers la Cour supérieure du Québec.

Son objectif?

Contraindre Facebook à lui dévoiler l’identité des administrateurs de la page Dis son nom, responsable d’avoir publié en ligne ladite liste.

Dès que possible, « (...) il entend leur réclamer 50 000 $ à titre de dommages moraux et punitifs pour atteinte intentionnelle à ses droits », précise la demande introductive d’instance que Droit-inc a consulté. Il veut aussi que son nom soit effacé de la liste.

Dans le cadre de ce litige, M. Marquis est représenté par l’avocat Me Pierre-Hugues Miller. Ancien de Morency (2003-2013) et de Trivium (2018-2019), le Barreau 2003 travaille à son compte depuis octobre dernier.

Joint par Droit-inc, Me Miller et son client n’ont pas donné suite à notre demande d’entretien.

Delphine Bergeron. Photo : Archives
Delphine Bergeron. Photo : Archives
Une administratrice identifiée

Le nom de M. Marquis s’est retrouvé sur la liste de Dis son nom le 7 août dernier, sans mention des faits qui lui sont reprochés. Le Montréalais estime qu’il s’agit d’une atteinte à sa réputation.

« Les personnes qui gèrent ces pages n’ont aucun droit à rester dans l’anonymat considérant que la liste qui est publiée identifie clairement de nombreuses personnes », affirme la demande introductive d’instance. D’autant qu’il « n’y a aucune mention de la raison de l’inclusion du demandeur dans cette liste. »

Fait inattendu, le dépôt de la poursuite à incité une administratrice de la page à révéler son identité au grand jour. Mme Delphine Bergeron, une ancienne illustratrice judiciaire, a affirmé publiquement être derrière Dis son nom, a récemment rapporté Le Devoir.

« Je trouve que c’est un combat qui en vaut la peine. Je ne suis plus anonyme », a confié la femme de 37 ans au quotidien. L’avocate de Mme Bergeron, Me Virginie Dufresne-Lemire, a refusé de commenter le dossier et… de préciser si Dis son nom regroupe d’autres administrateurs.

Me Virginie Dufresne-Lemire. Photo : LinkedIn
Me Virginie Dufresne-Lemire. Photo : LinkedIn
S’il n’a pas réagi à cette sortie, M. Marquis a expliqué au Le Devoir qu’il n’est pas contre les victimes; outre sa réputation, il semble plutôt vouloir prévenir les dérives de tels mouvements.

« Tout le monde est d’accord avec les dénonciations. Elles doivent aller de l’avant, mais il y a des vérifications qui doivent se faire. Une personne peut prétendre être victime dans le but de nuire à quelqu’un, dans un esprit de vengeance, et c’est ça qu’il faut éviter parce que les conséquences sont graves. J’ai perdu des contrats et j’ai des amis qui ne me parlent plus », a-t-il mentionné.

La page Facebook au coeur de ce litige a été créée le 12 juillet dernier, dans la foulée de l’affaire Marie-Pier Morin et de la nouvelle vague de dénonciation en ligne. Dis son nom est pour le moment toujours actif sur Facebook.