Me Kyle Elliott. Photo : Courtoisie
Me Kyle Elliott. Photo : Courtoisie
Le cabinet pancanadien Blakes annonçait la semaine dernière la création d’un réseau interne ayant comme objectif de promouvoir l’inclusion et de favoriser l’avancement des professionnels juridiques noirs.

L’idée, baptisée Black@Blakes (Noirs@Blakes, en français) est née de quelques avocats noirs travaillant au bureau de Toronto… mais est devenue une initiative qui touche tous les bureaux de Blakes au pays, incluant celui de Montréal.

Droit-inc s’est entretenu avec l’un des initiateurs du projet, Me Kyle Elliott, directeur, diversité, inclusion et initiatives de sensibilisation au bureau de Toronto.

Droit-inc : Qu’est-ce que c’est, exactement, Noirs@Blakes?

Kyle Elliott : C’est un réseau interne de professionnels juridiques noirs, dédié à promouvoir l’inclusion et la diversité au sein du cabinet. Notre principal objectif est de favoriser l’avancement professionnel de nos membres.

Nous voulions créer un espace qui aide à atteindre plusieurs but.

Premièrement, nous voulons que Noirs@Blakes aide nos professionnels noirs à se sentir soutenus, et que cela se reflète dans le recrutement.

Ensuite, nous espérons que les membres de Noirs@Blakes puissent participer au processus de recrutement, justement.

Et nous espérons que cela aide à la rétention de nos employés en ayant un réseau comme celui-là. Nous voulons promouvoir des relations saines, et aider nos membres à se sentir connectés, à bâtir une loyauté entre eux et envers le cabinet. Nous voulons façonner un milieu de travail où les professionnels juridiques noirs ont envie de rester.

En même temps, je crois que c’est aussi une belle opportunité pour nos membres de recevoir du mentorat et du coaching non officiels. Cela va les aider à naviguer dans la pratique du droit et à connaître autant de succès que possible.

Et concrètement, y a-t-il des mesures mises en place?

C’est drôle, je viens justement de terminer une conversation au téléphone avec les membres… Nous avons commencé cela de façon assez informelle, nous étions un groupe d’avocats noirs qui discutions d’enjeux importants qui touchent les Noirs canadiens dans le milieu du droit.

Puis, nous avons décidé de formaliser l’initiative, pour que ça grossisse et que ça devienne national, à l’échelle du cabinet, pour ainsi améliorer la représentativité.

En ce moment, nous nous rencontrons tous les mois. Nous avons un espace pour nous réunir et discuter. Nous avons plein d'enjeux dont nous voulons discuter.

Nous voulons que le groupe participe à différentes initiatives. Nous avons fait de la formation contre le racisme envers les Noirs, au sein du cabinet.

Nous voulons aussi nous joindre à différents événements. Nos bureaux participent traditionnellement au Mois de l’histoire des Noirs à Montréal, et Noirs@Blakes est très impliqué là-dedans.

Nous voulons être un espace où nos membres se sentent autorisés à proposer des choses qu’ils aimeraient voir au sein du cabinet et dans la profession… Et nous aidons ces initiatives à devenir réalité.

Avez-vous créé ce réseau un peu en continuité avec le mouvement Black Lives Matter, qui prend de l’importance?

Officiellement, ç’a été annoncé la semaine dernière. Mais nous avons commencé à être actifs il y a quelques mois, déjà.

Et lorsque les événements récents se sont retrouvés aux nouvelles, qu’on parlait de lutte au racisme envers les Noirs et de Black Lives Matter… Noirs@Blakes est devenu comme une façon de trouver un sens à travers ce qui se passait, de trouver ce que tout cela voulait dire pour les Noirs qui oeuvrent dans le milieu du droit.

En général, diriez-vous la représentativité est insuffisante, dans votre profession?

Oui, je dirais que les Noirs sont sous-représentés dans le domaine du droit, et ce, à travers le pays, peu importe la ville ou la province où on se trouve. Et Noirs@Blakes veut vraiment changer ça.

Est-ce qu’il y a des représentants du réseau dans chaque bureau du pays?

Personnellement, je me concentre sur le bureau de Toronto, mais ça se veut une initiative nationale. Il y a aussi des conversations qui se font à Montréal, comme à Vancouver et à Calgary.

Combien avez-vous de membres?

Nous n’avons pas de membership formel… Disons que le nombre de membres est petit, mais est en pleine croissance.

C’est ouvert à nos professionnels juridiques noirs, mais aussi à quiconque aurait envie de prendre part à l’initiative.

Il y a de l’espace pour tout le monde qui serait intéressé à participer à la conversation pour améliorer la représentativité au sein du cabinet. Ce n’est pas exclusif aux Noirs.

Est-ce que beaucoup d’autres cabinets font le même genre de choses, à votre connaissance?

On voit beaucoup d’initiatives de ce genre dans les gros cabinets, aux États-Unis, mais on n’en voit pas beaucoup au Canada. Je crois qu’il y en a quelques groupes comme le nôtre, peut-être une poignée.

Je crois que des groupes comme le nôtre peuvent être une étape importante pour aider les avocats noirs à visualiser une place pour eux, dans les différents cabinets du pays.

Noirs@Blakes n’est pas parfait… Nous sommes conscients que l’inclusion de la diversité demande beaucoup d’efforts et d’engagement. Et nous pensons que notre réseau est une étape qui aidera à atteindre ce but. Je crois que c’est important de voir Noirs@Blakes comme un engagement à faire plus.