Me Renaud Laliberté. Photo : Instagram
Me Renaud Laliberté. Photo : Instagram
Me Renaud Laliberté vient à peine de retrouver son cellulaire qu’il offre une entrevue téléphonique à Droit-inc d’une chambre d’hôtel du quartier 10-30 à Brossard, qu’il quittera tout juste ensuite pour retrouver la vraie vie.

L’avocat spécialisé en droit des technologies de l’information et de la propriété intellectuelle s’est fait montrer la porte d’Occupation double cette semaine suite à une décision de la maison des filles, où il n’a fait aucune conquête amoureuse.

Son aventure de trois semaines et demie dans les maisons de la téléréalité Occupation double a en fait duré presque deux mois : deux semaines d’isolement avec les participants à l’hôtel, trois semaines d’émission, et trois semaines dans le chalet des exclus, le temps que l’élimination de l’avocat ne passe à la télé.



« J’ai eu mon cellulaire hier et j’avais des milliers de notifications à gérer! s’exclame Me Laliberté. Je suis submergé, j'essaie de garder la tête hors de l'eau. »

Surtout que Me Laliberté est un avocat. Qu’a-t-il fait de sa pratique pendant ces deux mois d’absence?

« L’avantage que j'ai, c'est que je n’ai pas une énormité de clients, et j’ai peu de très bons clients, indique le Barreau 2011. Je leur ai envoyé une notice et je leur ai dit que j’avais un projet de show business pour l'automne pour une durée indéterminée et que je suspendais ma pratique le temps que ça se fasse. »

Le risque du côté de la pratique

Les clients de Me Laliberté étant pour la plupart à l’international et ne parlant pas français, le risque de participer à la téléréalité n’était pas bien élevé pour la pratique de l’avocat, quoiqu’il dit avoir « fait un peu d’anxiété quant à l’atteinte de la sacro-sainte image conservatrice de l’avocat ».

« C’est certain que si j'avais eu une pratique en litige où j'allais plaider en cour, je pense que ça aurait été inapproprié, mais la réalité c’est que ma pratique, je négocie des contrats au téléphone avec des Américains » poursuit Me Laliberté.

Me Renaud Laliberté. Photo : Facebook
Me Renaud Laliberté. Photo : Facebook
« C’est un risque que j'ai décidé de prendre et qui peut représenter un couteau à double tranchant », confie l’avocat, qui après le visionnement de tous les épisodes d’OD dans le chalet des exclus se dit « très satisfait » de la façon dont il a été représenté.

L’émission quotidienne d’une vingtaines de minutes que les téléspectateurs visionnent comporte tout de même bien des différences avec les 24 heures que les participants ont réellement vécues, note Me Laliberté.

Certains spectateurs ont pu être surpris de voir Vincent pleurer à chaudes larmes lors de l’élimination de Renaud, par exemple. C’est que leur complicité a rarement trouvé les salles de montages de l’émission.

Même chose avec l’histoire de Renaud et Naadei. « Le mauvais investissement de temps » déploré par l’avocats, paroles qu’il regrette un peu aujourd’hui, dépeignait de nombreuses conversations entre lui et la belle qui n’ont jamais été montrées à l’écran.

De Tik Tok à OD pour la visibilité

Le passage de Me Laliberté à OD lui a valu de nombreux messages chaleureux d’avocats, de juristes et de parajuristes qui l’ont félicité de sa performance. Certains d’entre eux maintiennent qu’il a fait un meilleur travail que d'autres pour « représenter l’esprit de la profession ».

Me Laliberté a même été approché par de nouveaux clients, québécois cette fois-ci.



Que du positif, en somme. Mais ce n’est pas seulement pour dénicher une nouvelle clientèle que l’avocat a tenté sa chance à la téléréalité… et ni pour trouver l’amour, par ailleurs.

« On ne peut pas se leurrer : les statistiques démontrent que les couples qui sortent d’OD ne font pas long feu! rigole l’avocat. Je n’étais pas naïf par rapport à ça, mais j’étais totalement célibataire et prêt à rencontrer quelqu’un. À mon sens, c’est ce qui aurait été le plus précieux à remporter. Moi, j'allais là ouvert à rencontrer, mais évidemment j'avais en tête l'aspect visibilité. »

L’aspect visibilité. Voilà ce qui a poussé l’avocat à participer à OD. Ce pas-là, il l’a fait pour se faire connaître, et on a envie de dire : comme tous les participants de l’émission de téléréalité.

« J’ai plusieurs clients qui sont des influenceurs et qui sont passés par OD, et ça a été très très bon pour les affaires », souligne l’avocat.

Déjà depuis un an, Me Laliberté est un familier de Tik Tok, où il donne des techniques de négociation (après avoir essayé sans succès YouTube et Instagram).

@renaudlaliberte

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♬ original sound - Renaud Laliberté

Source : Tik Tok/renaudlaliberte.

Me Laliberté ne déteste pas non plus de dépoussiérer la vision conservatrice de l’avocat et lui donner un visage nouveau : le sien.

« Je pense que je suis l’un de ceux qui vont être pionniers d’une nouvelle mentalité pour les jeunes avocats. La personnalité typique de l’avocat traditionnel est très conservatrice, évite toute forme de controverse. Les politiques des grands cabinets d’avocats refusent toute présence sur les réseaux sociaux qui peut avoir une certaine permanence. C’est comme si on marchait toujours sur un champ de mines! »

OD paie déjà : Renaud est maintenant l’« avocat du diable » de l’émission, un rôle qui lui permettra de commenter les facultés de négociation, d’argumentation et de débat des candidats et peut-être de participer aux « fameuses twists » de Jay Du Temple.

Par la suite, Me Laliberté aimerait bien continuer à vulgariser le concept de la négociation sur les ondes, « avoir plus de présence télé », tout en maintenant la pratique qu’il reprendra en novembre prochain.