Me Daniel Rochefort. Photo : Rochefort & associés
Me Daniel Rochefort. Photo : Rochefort & associés
Stéphane Bonhomme et Richard Despaties, ainsi que leurs conjointes ont déposé des demandes introductives d’instance en Cour supérieure, au palais de justice de Montréal, lundi.

Stéphane Bonhomme, qui avait auparavant été policier pendant une vingtaine d’années au sein de la Sûreté du Québec, était chef d’équipe au Service des enquêtes sur la corruption de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Richard Despaties, un ancien haut gradé de la SQ, était quant à lui enquêteur du commissaire de l’UPAC.

Tous deux déplorent avoir été désignés comme boucs émissaires pour les fameuses fuites de l’UPAC concernant l’enquête Mâchurer, sur l’ex premier ministre Jean Charest. Ils ont été arrêtés en octobre 2017, en même temps que le député Guy Ouellette (qui poursuit lui aussi le gouvernement du Québec pour 550 000$).

MM. Bonhomme et Despaties sont tous les deux représentés par Me Daniel Rochefort, de Rochefort & associés.

Selon la « théorie du complot » de l’UPAC, décriée dans les deux poursuites, Stéphane Bonhomme remettait les documents à Richard Despaties, qui à son tour les remettait à Guy Ouellette, qui coulait le tout aux médias. Toutefois, les trois hommes n’ont jamais été accusés, et le DPCP a même annulé les mandats de perquisition qui les avaient visés.

« La perquisition abusive dont ont été victimes les demandeurs constitue une utilisation toxique ou malveillante des rouages de la mécanique de l’enquête de l’État qui équivaut à un véritable détournement des fins de la justice », peut-on lire dans les requêtes.

« C’est sur des suppositions, des hypothèses et des inventions frivoles ainsi que sur des liens inexistants entre eux que l’UPAC a commencé à enquêter sur ses propres enquêteurs (...) », affirme-t-on également.

Richard Despaties, qui a été congédié « illégalement » de l’UPAC en octobre 2019, réclame 1,3 M$, et sa conjointe, 200 000$. L’ancien policier déplore avoir perdu son salaire, en plus de devoir traîner une image de « suspect, de ripou et de paria ».

Stéphane Bonhomme, quant à lui, continue de toucher son salaire régulier, alors qu’il est suspendu. Mais il affirme tout de même avoir un manque à gagner, puisqu’il ne peut plus faire d’heures supplémentaires. Il ajoute avoir des séquelles psychologiques de son arrestation, de la perquisition chez lui et de ses conséquences.