Stéphane Crétier. Photo : Site web de GardaWorld
Stéphane Crétier. Photo : Site web de GardaWorld
Dans un communiqué transmis mardi après-midi, GardaWorld dénonce par ailleurs une mise en demeure envoyée par la CDPQ à Stéphane Crétier lundi, juste avant son entrevue à Radio-Canada, pour l'intimer « de cesser et de s’abstenir d’émettre toute déclaration mensongère eu égard au rôle joué par la Caisse » dans le dossier G4S.

« Je suis surpris et déçu de constater que la Caisse de dépôt tente de m'intimider, écrit M. Crétier. Elle souhaite me museler alors que nous avons un débat plutôt important sur ses agissements dans le cadre d'une transaction importante pour GardaWorld et de ses 16 000 employés québécois et, par conséquent, le Québec. »

« On n'est plus en 1950, on est en 2020 dans une société libre et démocratique, poursuit-il. La Caisse appartient à tous les Québécois. Si j'avais voulu vivre dans un État autoritaire, j'aurais acheté une maison en Biélorussie. »

Nicholas Cerminaro. Photo : Archives
Nicholas Cerminaro. Photo : Archives
Dans sa mise en demeure adressée au vice-président principal, affaires juridiques de Garda Me Nicholas Cerminaro, la cheffe des affaires juridiques de la CDPQ, Sophie Lussier, disait craindre que l'entrevue de M. Crétier avec Patrice Roy ne s'inscrive « comme une nouvelle salve du procès d’intention que livre Garda à la Caisse sur la place publique depuis plusieurs semaines ».

Rappelons que Stéphane Crétier a demandé lundi au premier ministre François Legault d'intervenir auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour qu'elle renonce à G4S.

C'est que la CDPQ possède 35 % des parts d'Allied Universal Security Services, une firme américaine qui, elle aussi, souhaite mettre la main sur la société britannique pour devenir numéro un au monde.

Indirectement, deux entités québécoises se retrouvent donc en concurrence pour acheter G4S.

Me Sophie Lussier. Photo : LinkedIn
Me Sophie Lussier. Photo : LinkedIn
Deux propositions d'achat variant de 5 à 6 milliards de dollars américains ont été déposées dans les derniers mois par GardaWorld et Allied Universal. Toutes deux ont été rejetées.

Mais en coulisse, la bataille continue. Et le ton monte.

« La Caisse ne saurait tolérer cette nouvelle tentative d’intimidation qui s’inscrit dans les manœuvres tactiques déployées par Garda dans le cadre de son OPA en cours au Royaume-Uni, écrivait-elle, ajoutant que l'institution se réservait tous ses droits et recours pour le préjudice subi. »