Me Christiane Pelchat. Photo : LinkedIn
Me Christiane Pelchat. Photo : LinkedIn
Au cours de ce procès qui se déroule maintenant de manière virtuelle, à cause de la COVID-19, Me Christiane Pelchat, qui représente le groupe Pour le droit des femmes du Québec (PDF), a dénoncé vendredi dernier le traitement que Mes Rémi Bourget et Azim Hussain ont réservé à sa témoin experte, Yolande Geadah.

Me Bourget, associé chez Gattuso, représente la Fédération autonome de l’enseignement. Me Hussain, associé chez NOVAlex, représente Ichrak Nourel Hak, une femme musulmane portant le hijab et voulant devenir enseignante.

Selon nos informations, les deux avocats jugeaient que les réponses de Mme Geadah (seule témoin pour le groupe PDF) étaient trop longues et que la transcription qui allait en découler coûterait trop cher au système de justice. Or, cela n’aurait pas été reproché aux autres témoins masculins, a déploré en cour (virtuelle) Me Pelchat.

« Il s’agit d’une preuve éloquente de sexisme », a-t-elle alors affirmé.

Mes Bourget et Hussain ont rétorqué en exigeant des excuses de la part de leur consoeur, lundi. Toujours selon nos sources, ils lui auraient envoyé une mise en demeure, mais Me Pelchat a refusé de s’excuser en cour.

Le juge Marc-André Blanchard n’a pas voulu s’exprimer à ce sujet.

Mes Rémi Bourget et Azim Hussain. Photos : Site web de Gattuso et LinkedIn
Mes Rémi Bourget et Azim Hussain. Photos : Site web de Gattuso et LinkedIn
Yolande Geadah, une spécialiste de la situation des femmes dans la culture arabo-musulmane, a beaucoup collaboré auprès d’organismes internationaux œuvrant à la protection des droits des femmes, rappelle la philosophe Louise Mailloux, dans le Journal de Montréal. Elle a aussi rédigé des avis pour le Conseil du statut de la femme, dont Me Christiane Pelchat a déjà été la présidente.

Dans son témoignage, Mme Geadah a notamment abordé la dimension politique du hijab, soulignant que ce dernier vise le contrôle de la sexualité des femmes.

Jointe par Droit-inc, Me Pelchat n’a pas voulu commenter, puisque le dossier est toujours devant les tribunaux.

Au moment d’écrire ces lignes, Mes Rémi Bourget et Azim Hussain n'avaient pas retourné les appels de Droit-inc.