La juge Danielle Côté. Photo : Archives
La juge Danielle Côté. Photo : Archives
Les avocats criminalistes n’arrêtent jamais, reconfinement ou pas. Voici les dernières nouvelles des Cours du Québec!

Une nouvelle thérapie pour un ancien du Rouge et Or

Cela fait plus d’un mois et demi que l’ancien receveur de passe du Rouge & Or de l’Université Laval Chadrick Tchanga-Henry est détenu après avoir manqué à son engagement de ne pas consommer de stupéfiants, révèle La Tribune.

Le joueur de football de 25 ans s’est retrouvé devant la justice au printemps dernier pour de multiples bris de conditions, de probation et des introductions par effraction.

« Je veux retourner en thérapie, a expliqué Chadrick Tchanga-Henry au tribunal. Je veux prouver que j’ai ma place. Même si j’ai fait une erreur, je suis capable de me reprendre en main. J’en ai besoin. J’ai la ferme intention de retourner à l’université. Ça passe par une thérapie. »

La juge Danielle Côté de la Cour du Québec lui a donné une toute dernière chance jeudi dernier en le plaçant de nouveau en thérapie.

« J’ai individualisé la peine que je vous avais imposée. Je n’ai pas besoin de me dire ce que ça m’a déçue de vous revoir. Vous m’aviez convaincue. Je ne lancerai pas la serviette. Vous avez eu le courage de vous rendre au poste de police. Si vous revenez devant le Tribunal, vous ne convaincrez plus personne de vous remettre en liberté », a lancé à Tchanga-Henry la juge Côté.

L’avocat de la défense dans ce dossier était Me Benoît Gagnon de l’aide juridique, et le procureur aux poursuites criminelles Me Louis Fouquet.

Le « bourreau de Lanaudière » cité à procès sur 77 chefs d'accusation

Radio-Canada

Après avoir entendu le témoignage de trois victimes présumées, le tribunal a cité à procès Gilles Croze sur la totalité des 77 chefs d'accusation qui pèsent contre lui.

Me Benoît Gagnon. Photo : Site web du Centre communautaire juridique de l'Estrie
Me Benoît Gagnon. Photo : Site web du Centre communautaire juridique de l'Estrie
L'homme âgé de 66 ans aurait fait au moins 16 victimes dans son entourage à partir de 1976. Des adultes et des enfants, âgés d'à peine un an dans certains cas, auraient subi ses crimes au cours d'une période de 43 ans.
Croze est accusé d'agressions sexuelles, de contacts sexuels, de corruption d'enfant, de grossière indécence, de voies de fait armées, de menaces et de séquestration, notamment. Les crimes auraient été commis dans Lanaudière, sur la Rive-Sud et au Nouveau-Brunswick.

L'ampleur colossale du dossier lui avait valu le triste surnom de « bourreau de Lanaudière ».

Gilles Croze est détenu depuis son arrestation en juin 2019, et sa requête pour remise en liberté a été rejetée par le tribunal en février.

L'accusé devrait être de retour en cour en janvier. Il a choisi de subir un procès devant juge seul et les dates restent à déterminer.

Me Vinh N’Guyen s’occupe de la défense pour l’instant, l’accusé ayant changé d’avocats à de multiples occasions, souligne l’Action de Joliette. La procureure de la Couronne dans ce dossier est Me Ariane Roy-Drouin.

Des claques pendant la sieste dans une garderie en milieu familial

La propriétaire d’une garderie en milieu familial de l'Outaouais a été reconnue coupable de voie de fait envers trois enfants lundi par le juge Mark Philippe de la Cour du Québec, révèle Le Droit.

Salima Lemdersi-Filali a giflé et brusqué physiquement des enfants qui refusaient de dormir ou qui avaient un mauvais comportement. C’est un enfant qui a alerté sa mère en 2019 en lui racontant que la gardienne avait giflé son ami de cinq ans, un traitement subi par de nombreux enfants lorsqu’ils parlaient pendant la sieste.

La juge Mylène Grégoire. Photo : Archives
La juge Mylène Grégoire. Photo : Archives
L’accusée a tout nié, en expliquant notamment au tribunal qu’il fait trop noir lors de la sieste pour voir les gestes reprochés. Cela n’a pas rassuré le juge.

« Il serait difficile, voire dangereux, de circuler. Imaginons un enfant qui se réveille pour aller à la toilette ou qui s’agite durant la sieste ou qui demande du réconfort. N’importe qui ayant été en présence de jeunes enfants de cet âge peut reconnaître que le moment de la sieste peut parfois bien se dérouler, mais parfois non. Ce ne sont après tout que des enfants. Alors, imaginez l’enfant qui se réveille dans une obscurité totale. »

Le tribunal a retenu les témoignages des enfants. Me Marc Doyon se charge de la défense, et Me Christine Lambert est la procureure aux poursuites criminelles et pénales dans ce dossier.

Un gérant de restaurant trahi par son ADN 10 ans plus tard

En 2008, le gérant de restaurant Mohamed Chaouachi a agressé sexuellement une femme devant son fils de quatre ans. Il a été déclaré coupable d’introduction par effraction afin de commettre une agression sexuelle, de vol qualifié et de menaces de mort lundi par la juge Mylène Grégoire, révèle le Journal de Montréal.

« (L’enfant) a vu l’homme traîner sa mère de force dans la salle de bain et a observé l’homme baisser ses pantalons. Sans voir sa mère, il dit entendre des insultes provenant de l’homme et des cris de sa mère », peut-on lire dans le jugement.

De retour de l’aéroport de Montréal à une heure tardive, la mère avait dû louer une chambre de motel plutôt que de faire la route jusqu’à la ville de Québec où elle habite avec son fils. Chaouachi l’a suivie en la complimentant, et l’a attrapée dans la chambre en lui faisant un signe d’égorgement avec son doigt.

Me Alexandra Longueville. Photo : LinkedIn
Me Alexandra Longueville. Photo : LinkedIn
« Il la prend par les cheveux et l’embrasse tout en la tirant vers la salle de bain, a expliqué la juge. L’enfant est toujours dans la chambre. Relatant ne pas comprendre ce qui se passe (l’enfant) garde le silence et reste sur le lit », indique le jugement.

La femme s’est cassé deux dents sur le lavabo et s’est fait agresser sexuellement jusqu’à ce son enfant se mette à crier « Maman ». Chaouachi s’est ensuite emparé de 290 $ dans la sacoche de sa victime.

Dix ans plus tard, il a été arrêté grâce à l’ADN collecté par les policiers.

Lors du procès, l’accusé a nié les allégations en prétextant que la femme était une escorte. Me Alexandra Longueville se chargeait de la défense, et Me Camille Boucher était la procureure de la poursuivante.