L’idée n’est pas nouvelle et a déjà fait recette dans les provinces anglophones. À Montréal, la formule était testée pour la première fois. Elle attira environ 30 participants, plus étaient attendus mais beaucoup se sont fait portés pâle à la dernière minute.

Deux cabinets, deux styles

La soirée commença chez McCarthy Tétrault. Ouverture sur un léger buffet raffiné. Au menu: crevettes en marinade, poulet tandoori et fraises au chocolat, servis avec du Champagne.

Tout le monde regarda l’ensemble avec convoitise, sans ou presque oser y toucher. On était là pour l’art…

McCarthy Tétrault avait dépêché pour l’occasion un jeune artiste, Anthony Burnam, afin de présenter sa collection. Le comble de cette soirée est qu’elle avait lieu le même jour que la soirée des collectionneurs du musée des Beaux-Arts de Montréal, où s’étaient pressés les responsables des collections de chaque cabinet. Pas de quoi en faire le reproche à Anthony Burnam, qui fit son office à la perfection et présenta la collection de McCarthy Tétrault de façon pédagogique et vivante.

La visite se termina sur les chapeaux de roues, histoire de ne pas arriver en retard chez Heenan Blaikie. Equilibre rare et fragile que celui de deux cabinets qui se rapprochent le temps d’une soirée…

Autre cabinet, autre ambiance. Chez Heenan, la collection présentée n’était pas celle du cabinet, mais de Roy Heenan, dont la fille pris le rôle de maîtresse de cérémonie. Plus rien à voir avec une présentation académique, Mme Heenan fit partager à l’auditoire anecdotes et souvenirs de son père en rapport avec les œuvres.

Loin de l’ambiance feutrée de chez McCarthy, les toiles de Me Heenan (l’avocat en possède 1 500 !) ornent chaque recoin du cabinet. Un Miro au-dessus d’une photocopieuse, c’est ce qui attend le visiteur attentif.

J’y vais, j’y vais pas ?

L’événement aura attiré des avocats d’entreprises habitués du réseautage, mais également d’autres, plus amateurs d’art, venus spécialement pour voir les œuvres.

« Lorsqu’on se rend dans un cabinet, on aperçoit une ou deux toiles, jamais plus. Alors, j’étais curieux de voir la totalité des collections », dit Pierre-Chesnay, Vice-Président aux affaires juridiques et secrétaire de Uni-Select.

Ce qui a plu aux avocats d’entreprises lors de cette soirée c’est aussi le rapprochement de deux cabinets. Pour les conseillers d’entreprises, c’est une façon moderne de communiquer qui reflète la réalité des contentieux d’entreprises qui font appels à de nombreuses firmes.

En extrapolant un peu, nous avons aussi demandé aux avocats d’entreprise s’ils venaient magasiner leurs conseils lors de pareils événements. Ni oui, ni non serait la réponse exacte. Les conseils connaissent déjà les bureaux, mais ils admettent que ces soirées permettent de se faire une petite impression sur les cabinets ou de confirmer leurs sentiments.

Concernant cette soirée en particulier, est-ce que le coût des œuvres, en rapport aux factures d’honoraires présentées pas les cabinets d’avocats, a été de nature à déranger les avocats d’entreprise ?

Réponse mitigée. Pour beaucoup, c’est un bien que les cabinets encouragent l’art, d’autant que les collections présentées faisaient la part belle aux artistes canadiens et québécois. Pour d’autres, ils ne peuvent faire abstraction de l’addition souvent salée que présentent les cabinets externes.

« Il y a toujours une arrière pensée qui reste là. Il faut dégager beaucoup d’argent pour se permettre l’achat d’autant de tableaux », dit Marie-Claude Simard de BRP.

Diaporama
Pour consulter le diaporama des photos de la soirée, cliquez sur la photo ci-dessous. Photos par Véronique Lewandowski.
de la collection de McCarthy Tétrault