Raynold Langlois

Me Raynold Langlois est associé chez Langlois Kronström Desjardins. Fellow du American College of Trial Lawyers, il est un avocat de litige et conseiller stratégique d’entreprises. Me Langlois est classé parmi les 25 meilleurs avocats de litige au Canada par la revue LEXPERT et il figure dans le répertoire The Best Lawyers in Canada (2010). Le répertoire Canadian Legal Lexpert® 2008 et 2009 le cite comme un chef de file dans les domaines de la responsabilité des dirigeants et des administrateurs, du droit corporatif et des valeurs mobilières. Me Langlois bénéficie en outre de la note d'appréciation la plus élevée (AV) du Martindale Hubble. En mai 2008, il s’est vu décerner la mention « Avocat émérite » par le Barreau du Québec pour souligner sa feuille de route exceptionnelle. Parmi ses réalisations, mentionnons que Me Langlois a été le procureur principal du gouvernement fédéral dans le dossier le plus complexe en responsabilité des produits de toute l’histoire nord-américaine, soit le dossier dit «de la MIUF ». Il a aussi représenté le gouvernement fédéral devant la Cour suprême du Canada dans les renvois sur le veto du Québec et le rapatriement de la constitution.

Pourquoi avez-vous décidé d’être avocat?

J’avais un modèle : mon père, qui était avocat et homme d’affaires, et qui est allé dans les forces armées pendant la Seconde Guerre Mondiale. De par sa formation, il avait une ouverture d’esprit et une façon d’identifier les choses pertinentes dans tout ce à quoi il touchait. Le droit était pour moi une façon de réconcilier toutes mes ambitions : j’étais intéressé par les sciences humaines, je viens d’une famille de marins et étais moi-même dans les forces navales de réserve. Je me suis donc à l’origine joint au cabinet boutique de droit maritime de mon père à Québec pour y pratiquer dans le domaine.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face?

Le fait d’avoir participé à la transformation d’un cabinet boutique en ce que Langlois Kronström Desjardins est aujourd’hui a évidemment été un grand défi. Un défi qui m’a surtout permis, et cela a d’ailleurs été fascinant, de travailler avec d’autres collègues ainsi qu’avec de jeunes avocats et de former des équipes avec eux.

Quant aux dossiers importants, le fait de gagner en appel une cause perdue en première instance et de pouvoir amener à son client, à la fin d’une journée, le jugement dont il a besoin, apportent une grande satisfaction. C’est une drogue, vous savez, de pratiquer le droit!

De 1981 à 1990, j’ai travaillé sur le dossier de la MIUF, le plus grand dossier litigieux au Québec jusqu’à l’affaire Castor. Ça a été sept ans d’audition. Je défendais le gouvernement fédéral. Le dossier impliquait de non seulement gérer une équipe considérable, mais aussi de gérer les impacts politiques et sociaux de l’affaire. Ça a aussi été le moment de nos premiers balbutiements en matière d’utilisation de l’informatique comme mode de classement des documents.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il? /Quels sont selon vous les changements à anticiper au cours des années à venir quant à l’exercice de la profession en entreprise?

Il y a eu de grandes transformations dans la profession au cours des derniers 45 ans. Les jeunes sont plus ouverts aux défis qu’avant, et ils sont extrêmement bien formés. Et cela vient avec un grand défi : celui de l’accès à la justice à un coût acceptable. Au-delà de la simple solution au problème juridique, il faut trouver comment travailler de façon efficace, adopter une position pratique qui tienne compte des impératifs économiques d’une affaire, dans le but de conserver une relation fructueuse avec le client.

Prendre la direction d’un contentieux à une certaine étape de ma carrière m’a beaucoup aidé : cela m’a permis de voir comment le client se sent, ce qui m’a énormément servi dans ma pratique par la suite.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière?

Sur le plan de la formation, je dirais que plus les jeunes avocats ont un CV que l’on peut qualifier de « différent », mieux c’est pour leur pratique! Je veux dire que d’avoir une formation diversifiée est définitivement un plus. Arriver avec une expérience professionnelle ou académique qui va au-delà du droit est définitivement un atout.

Je dirais aussi aux jeunes de ne pas se presser à se cantonner à un champ de pratique en particulier. Prenez mon cas : j’ai touché à toutes sortes de domaines du droit en me donnant comme mission de ne jamais reculer devant rien, alors qu’au départ je me dirigeais vers le droit maritime. En sachant bien s’entourer d’une équipe, on peut être aussi à l’aise dans un dossier de droit de la construction que de droit de l’impôt. Et vous savez, avec le temps, les goûts changent, d’où l’importance de garder l’esprit ouvert. Dans d’autres cas, c’est le domaine de pratique qui vient à maturité, ou « à saturation », en quelque sorte. Je crois qu’il est tout à fait correct, après quelques années, de se spécialiser si on le désire. Certains domaines de droit l’exigent d’ailleurs, mais se sera à ce moment un choix éclairé avec lequel la personne saura qu’elle peut bien vivre.

En vrac…

Dernier bon livre

« The Lost Symbol », de Dan Brown

Derniers bons films
« Slum Dog Millionaire » (Réalisateur : Danny Boyle)
«The Lemon Tree» (Réalisateur : Eran Riklis)

Restaurant préféré

Nantua (Restaurant français du Vieux-Montréal, sur la rue Notre-Dame)

Pays qui l’intéressent

La Chine, la Turquie, l’Inde et l’Afrique du Sud.

S’il n’était pas avocat, il serait…

Certainement en politique, ou encore officier de marine dans les forces armées!

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