Il nous livre quelques recettes de son succès !

Droit-inc.com : Vous nous avez contactés après avoir appris que Rémi Bourget était redevenu salarié. Avez-vous été déçu par sa décision ?

Christian Saraïlis : J’avais lu l’article concernant le lancement de son bureau. Et là, j’ai trouvé dommage que son exemple finisse après seulement un mois de pratique autonome. Je trouve qu’il ne s’est pas donné la chance de réussir. Ce n’est pas un jugement de valeur que je porte ici sur mon confrère, simplement je ne voudrais pas que son histoire décourage d’autres avocats qui voudraient se lancer. A eux, je leur dis que c’est merveilleux de travailler à son compte. Mais la décision doit être réfléchie. Il ne faut pas partir à son compte par dépit, parce qu’on n’a pas trouvé mieux.

Vous justement, comment avez-vous pris la décision d’ouvrir votre cabinet ?

J’ai travaillé 18 mois en tant qu’étudiant, stagiaire et avocat chez Jolicoeur-Lacasse. Finalement, le bureau a procédé à une réorganisation et ne m’a pas gardé. Ayant toujours eu la fibre entrepreneuriale, je ne l’ai pas vécu comme un drame. Je n’ai pas même cherché ailleurs et me suis immédiatement organisé pour partir à mon compte, d’abord en travaillant de chez moi, puis en louant des bureaux dans le Vieux-Québec.

Quelles sont les qualités requises pour réussir ?

Déjà un peu de patience. Il ne faut pas se masquer la réalité : les trois premiers mois sont difficiles. Mais le jeu en vaut la chandelle : au bout d’un an, mon salaire net était supérieur à celui que j’aurais pu espérer en tant qu’employé dans un cabinet.

Ensuite, il ne faut avoir peur de travailler et foncer sur toutes les opportunités. La pire chose quand on est à son compte est de dire non.

Mais comment saisir les opportunités quand on démarre son bureau jeune, sans avoir soi-même beaucoup d’expérience en tant qu’avocat ?

Ce qui manque aux jeunes avocats ce ne sont pas les connaissances juridiques, mais plutôt des notions de gestion. Pendant notre formation académique, on ne reçoit pas de cours de gestion de cabinet et ni développement de clientèle. Or, c’est ce dont on a besoin quand on démarre son bureau car on ne peut pas pratiquer le droit sans client !

Le manque d’expérience juridique n’est pas un réel problème. Déjà, parce qu’à son compte, on apprend deux fois plus vite que lorsqu’on travaille pour quelqu’un. Ensuite, parce qu’on a toujours l’occasion de se tourner vers un confrère plus expérimenté pour poser une question ou pour demander conseil. Et puis, même sur le terrain des connaissances, les jeunes ont des atouts : leurs connaissances sont à jour et ils n’ont pas encore pris de mauvais plis !

Qu’avez-vous personnellement entrepris pour réussir à votre compte ?

J’ai regardé le modèle des grands et je l’ai adapté à une petite échelle ! J’ai axé ma pratique en droit des affaires et en droit international, alors j’ai rapidement développé un réseau de cabinets affiliés, avec des structures identiques à la mienne dans différents pays et je le répète : j’ai travaillé dur.