Pour dresser le portrait actuel et les dernières tendances en la matière, le cabinet avait délégué Me Julie-Martine Loranger, associée du groupe litige.

Cette avocate a récemment été impliquée en défense pour représenter une entreprise informatique dans le cadre d’un recours collectif fondé sur des allégations de responsabilité du fait des produits, de violation de la Loi sur la protection du consommateur et de contestation liée à une clause d'arbitrage.

Selon l’avocate, les recours collectifs ne sont pas seulement des batailles juridiques, mais ils impliquent la business des entreprises dans son ensemble.

« Il ne faut jamais perdre de vue que le consommateur est un adversaire puissant et que les recours collectifs, de par leur couverture médiatique, peuvent atteindre la réputation toute entière d’une compagnie, dit l’avocate. C’est pourquoi il faut faire de la gestion d’affaires et ne pas gérer seulement la procédure. »

La première réflexion reste bien entendu de voir si le recours va ou non passer le stade de l’autorisation. Cependant, ce n’est plus le seul cheval de bataille.

« Auparavant, l’enjeu principal en défense des dossiers de recours collectifs était d’éviter la certification. On regarde cet aspect encore aujourd’hui. Mais, on voit aussi au-delà.»

Règlements innovateurs?

Me Loranger estime que les recours collectifs peuvent même être un moyen de se démarquer de ses concurrents. Comment ? Sur un produit défectueux, cela peut être en offrant un service à la clientèle impeccable, une garantie prolongée, un escompte sur de futurs produits voire toute autre chose.

« Il faut avoir en tête de garder le marché et pour cela, être imaginatif avec le client, dans les règlements qu’on peut offrir. »

Proposer des règlements en matière de recours collectif est d’ailleurs un fait relativement nouveau, qui s’explique d’après l’avocate par une maturité des acteurs dans le domaine.

Aujourd’hui, les conseillers juridiques à l’interne sont plus habitués à ces recours et tout le monde est enclin à les regarder sous l’angle de la gestion des risques, au même titre que les autres litiges.

Même les avocats en demande ? « S’ils pensent qu’ils sont assis sur une mine d’or, il faut dégonfler leur balloune! » dit-elle.

Attention, pour faire entendre raison à l’avocat de la défense, Me Loranger ne propose pas un coup de bluff, mais plutôt d’analyser scrupuleusement les chiffres des ventes au Québec. « Ce n’est pas parce qu’un recours collectif a eu un gros impact dans un pays étranger ou dans une autre province, qu’il aura les même répercussions au Québec.»

Gowlings parmi les grands?

Selon Me Loranger, le bureau de Gowlings à Montréal gère actuellement 15 à 20 recours collectifs, avec quatre domaines de prédilection : le phamaceutique, les services financiers, les équipements médicaux et les produits de consommation.

Ils sont 6 avocats à Montréal à pratiquer dans ce domaine et 41 pour l’ensemble du cabinet. Le cabinet privilégie pour chaque recours une approche pan-canadienne, impliquant ses différents bureaux et compose des équipes pluridisciplinaires, avec des gens du litige et d’autres du domaine de pratique touché par le recours.

Gowlings n’est pas encore sur le marché de Montréal parmi les gros joueurs en recours collectifs, au même titre que Davies, Blakes, Ogilvy Renault, Stikeman ou McCarthy. Mais leur récente initiative et cette nouvelle approche sur laquelle ils communiquent changeront-elles la donne?

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