« Je parle tous les jours français au travail. »

Dans la bouche d’Imran Ahmad, 33 ans, la remarque n’est pas anodine.

En effet, ce natif du Québec, élevé à Montréal et diplômé de Montréal et de Sherbrooke, est avocat à Toronto depuis 2008.

« C’est l’amour qui m’a amené dans cette ville. J’ai épousé une torontoise », dit ce père de trois enfants.

Une circonstance particulière, qui mène à une réflexion plus générale.

Le français est un atout à Toronto
Le français est un atout à Toronto
« Il y a de la place pour des juristes formés au Québec en Ontario, dit-il. La langue française est un vrai atout. »

Le jeune homme assure qu’il n’est d’ailleurs pas un cas isolé, encore moins en tant que francophone.

Il avait six ou sept collègues qui s’exprimaient en français chez Bennett Jones, son précédent cabinet, encore plus chez Borden Ladner Gervais, bureau qu’il a rejoint en juin dernier.

« J’ai passé deux merveilleuses années avec Bennett Jones, dit-il. En rejoignant BLG, je me sens plus proche du Québec, ayant des contacts réguliers avec les gens de Montréal. »

Selon lui, les deux pré-requis à un exode en Ontario sont la maîtrise de l’anglais et une qualification en common law.

Après son baccalauréat obtenu à l’Université de Montréal, Imran Ahmad est donc allé chercher un D.E.S.S. en common law de
l'Université de Sherbrooke en 2005, qu'il a complété par une maîtrise en droit de la concurrence de l'Université d'Ottawa en 2008.

Ensuite, la plus-value d’un juriste québécois varie en fonction de la clientèle desservie et du domaine de pratique.

"15% de la population des villes de Barrie et Sudbury sont francophones", rappelle l'avocat.

Me Ahmad pratique, lui, en droit de la concurrence.

Une matière où la maîtrise de la langue de molière lui sert souvent dans le dialogue les institutions aussi bien au Canada qu’en Europe.

Et si on lui parle de retour aux sources ?

« Montréal, c’est toujours tentant, mais aujourd’hui ma famille est ici. Toronto est aussi une très belle ville, pas aussi chère qu’on le dit, dans laquelle le bilinguisme est valorisé. J’ai en plus rencontré de nombreux ex-montréalais ici, on a une belle communauté.»

Alors, prêts à partir ?