L’événement d’une durée de trois jours recoupe une gamme d’ateliers, de conférences et de manifestations artistiques tournant autour de l’industrie du sexe.

Aussi au programme, une discussion autour du documentaire « L’imposture », d’Ève Lamont (« Squat », « Pas de pays sans paysans ») en compagnie de la réalisatrice, et l’exposé d’une juriste spécialisée en droit humanitaire de renommée internationale, la Française Matiada Ngalikpima.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a tenu son premier Tribunal populaire sur l’exploitation sexuelle commerciale
La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a tenu son premier Tribunal populaire sur l’exploitation sexuelle commerciale
Le tribunal spécial s’est ouvert sur la mise en accusation symbolique du commerce lié au sexe. « Nous accusons l’industrie du sexe, une industrie milliardaire, d’exploiter les femmes en produisant des rapports de domination et en propageant une culture de violence », a-t-on clamé d’entrée de jeu.


Carte de la prostitution montréalaise

Le déclenchement du tribunal concorde aussi avec le lancement d’un nouvel outil pédagogique de la CLES, soit une carte géographique de la région montréalaise où on retrouve 353 lieux où l’industrie du sexe fait son œuvre, chacun représenté par un point rouge.

La carte montréalaise du sexe
La carte montréalaise du sexe
Bars de danseuses, salons de massage, clubs échangistes, prostitution de rue, « peep-show » et cinéma érotique, la liste est longue. Malgré ce répertoire en apparence exhaustif, l’une des artisanes de la carte souligne qu’il n’est qu’un aperçu.

« Ce qu’on voit nous, c’est la pointe de l’iceberg, explique une des membres de la CLES, Diane Matte. Pour avoir tout l’iceberg, il faudrait tenir compte de la prostitution sur internet, des sites pornos, des sites d‘agence d’escorte, des petites annonces, des massages à la maison, et bien d’autres. »

L’élaboration de la carte a aussi été l’occasion pour l’organisme de constater que la prostitution avait gagné du terrain dans des arrondissements montréalais peu touchés par l’industrie du sexe jusqu’à maintenant, comme Lachine et LaSalle.