« On a entendu des voisins dire, ″ça criait, ça criait″, a-t-elle expliqué en entrevue au « Vrai négociateur », sur les ondes de LCN. Mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas appelé les autorités ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas fait quelque chose ? »

Elle trouve d'ailleurs paradoxale la tristesse collective qui entoure ce genre de crime. « On passe notre vie à être indifférent, a-t-elle déploré, à entendre les enfants souffrir, à ne pas vouloir se mêler des choses, et quand les enfants meurent, là on pleure. On dit : ″oh, mais ça criait beaucoup″. »

L'ancienne magistrate va jusqu'à soutenir une réforme de la législation pour punir les témoins qui ne viennent pas en aide aux enfants en difficulté. « J'ai hâte qu'il y ait des lois un peu plus sévères », a-t-elle admis.

« Quand on ne vient pas au secours des enfants, à mon avis, c'est un crime, et on doit être extrêmement sévère », a-t-elle ajouté.

Beaucoup de questions subsistent

Andrée Ruffo espère que le procès de Stéphanie Meunier, la conjointe du père de Jérémy Bastien-Perron, ne se concentrera pas seulement sur les sévices qu'elle a fait subir à sa jeune victime, mais également aux circonstances qui ont mené à cette situation.

« La mère, qui est-elle ? s’est demandé l'ancienne juge. À 16 ans, quand elle est tombée enceinte, où était la DPJ ? N'avait-elle pas une mère ? Est-ce qu'on n'a pas protégé ce bébé-là ? Quand le bébé est arrivé, pourquoi n'a-t-il pas été protégé ? Quand la mère a abandonné son enfant, en 2008, est-ce qu'il n'y avait pas des gens qui auraient dû protéger ce bébé-là ? »