Cette audience devant la Cour suprême de l'État de New York a été brève. L'ex-ministre socialiste des Finances, âgé de 62 ans, a plaidé non coupable d'une voix forte, entouré de ses avocats, Benjamin Brafman et William Taylor, sous les yeux de son épouse Anne Sinclair, qui était à ses côtés lors de son arrivée dans la matinée.

Le juge Michael Obus, qui avait décidé le 19 mai d'accéder à sa demande de libération sous caution en échange de strictes conditions, a déclaré à DSK qu'il avait le droit déętre présent à son procès, ce à quoi l'économiste a répondu "oui".

L'ancien patron du FMI à la sortie du tribunal ce matin avec sa femme
L'ancien patron du FMI à la sortie du tribunal ce matin avec sa femme
Une foule importante de gens, dont de nombreux journalistes, s'était un peu plus tôt rassemblée devant le bâtiment en prévision de cette audience. "Honte à vous", a-t-on entendu crier à l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn. On ignorait qui scandait ces mots.

L'ancien patron du FMI a démissionné de son poste le 18 mai pour protéger l'image de l'institution et consacrer "toute (son) énergie" à démontrer son innocence. Ses avocats ont maintes fois déclaré qu'il plaiderait non coupable.

DSK est notamment accusé d'agression sexuelle, de tentative de viol et d'attouchements forcés le 14 mai sur une femme de chambre de 32 ans, d'origine africaine, dans la suite 2806 de l'hôtel Sofitel, près de Times Square, qu'il occupait. Des traces d'ADN correspondant à celui de l'ancien ministre ont été découvertes lors d'analyses sur la chemise de l'employée, a appris l'Associated Press de sources proches de l'enquête. Des informations qui n'ont pas été confirmées.

Le 16 mai, Benjamin Brafman avait déclaré devant la justice que la défense pensait que les éléments de preuve médico-légaux ne seraient pas compatibles avec la thèse d'une relation forcée, laissant imaginer une possible stratégie de défense fondée sur un rapport sexuel consenti.

Dans une lettre au procureur Cyrus Vance fils, ultérieurement rendue publique, les avocats de l'ancien patron du FMI ont affirmé disposer d'informations qui pourraient "sérieusement ébranler la qualité de l'accusation et également gravement fragiliser la crédibilité" de la femme de chambre.

L'ex-directeur général du FMI est actuellement assigné à résidence dans une maison du quartier huppé de Tribeca suite à la décision du juge Michael Obus de le libérer sous caution le 19 mai.

Il avait été interpellé quelques heures après les faits qui lui sont reprochés, à bord d'un avion d'Air France qui s'apprêtait à décoller de l'aéroport international John F. Kennedy. Deux jours après, sa première demande de libération sous caution avait été rejetée par la juge Melissa Jackson et DSK avait été détenu quelques jours dans une cellule individuelle du pénitencier de Rikers Island.

Le prochain rendez-vous judiciaire a été fixé au 18 juillet.