Ils sont devenus au fil du temps un incontournable. Au tournant des années 1990, alors que les grands cabinets de droit des affaires vivaient leur propre mondialisation, certains éditeurs spécialisés dans le secteur juridique ont flairé la bonne affaire. En Europe et en Amérique du Nord (et ailleurs également), les répertoires et classements d’avocats ont proliféré à la vitesse grand V.

Vingt ans plus tard, ceux et celles qui sont classés par ces fameux « rankings » affirment être bien contents de l’être… même s’ils mesurent mal l’impact que les classements d’avocats ont sur leur pratique. Ceux qui ne le sont pas affirment souvent, peut-être à tort, que ce n’est là que de la poudre aux yeux, de la perte de temps… et de l’argent de publicité lancé par les fenêtres. Qui dit vrai?

La question se pose, d’autant plus que c’est le temps de l’année où les recherchistes des grands répertoires d’avocats vous contactent et contactent vos clients pour établir un classement représentatif de la pratique dans différents domaines du droit.

Comment choisir?

Les répertoires peuvent être utiles, dit Mathieu Rompré. Mais pas tous!
Les répertoires peuvent être utiles, dit Mathieu Rompré. Mais pas tous!
Il existe plus d’une centaine de répertoires d’avocats, couvrant le secteur de la propriété intellectuelle jusqu’au litige fiscal, en passant par le droit du travail. Certains ont une portée internationale, d’autres ont une forte saveur locale. S’il vous fallait participer à tous ces classements, vous n’auriez probablement plus le temps de pratiquer le droit.

L’important ici est de faire un choix intelligent et éclairé en se basant sur la réputation des joueurs pertinents de votre industrie.

Les classements crédibles sont de deux types : ceux qui s’appuient sur le jugement des pairs (comme Lexpert) et ceux basés sur les soumissions (Chambers, par exemple).

Les règles du jeu sont généralement les mêmes : il vous faut soumettre vos dossiers les plus importants (et les plus lucratifs) et en parler de manière convaincante et succincte lors de l’entrevue avec le recherchiste. Les sources « indépendantes », c'est-à-dire vos clients et vos concurrents, doivent enfin confirmer l’importance du dossier.

Au total, la préparation des soumissions et les pratiques d’entrevues valent-elles le temps investi?

Ils valent la peine ou non?

Certains avocats comme Claude Gendron, spécialiste du droit immobilier chez Fasken Martineau, estiment que oui : «C’est une reconnaissance officielle qui ne change évidemment pas votre compétence dans un domaine, mais qui a souvent l’avantage de conforter les clients dans leur choix de faire affaire avec vous. Le marché local est généralement au courant de qui sont les leaders dans leur domaine. Mais pour un cabinet étranger ou conseiller d’entreprise qui doit se trouver un homologue canadien dans un dossier, les « rankings » peuvent avoir une influence favorable ou alors venir faire la différence », ajoute Me Gendron, qui a été classé Real Estate Lawyer of the Year (Montréal) par Best Lawyers en 2010.

Et vos clients, se soucient-ils vraiment du fait que vous soyez classé ou pas?

Dans une ère où l’abondance d’informations prédomine et où tout est classé et commenté dans l’espace public (de la qualité des pizzas servies à votre resto italien préféré jusqu’à la compétence de votre dentiste de quartier), il n’y a rien d’étonnant à constater l’appétit des différents acteurs de l’industrie pour ces classements. Lorsque vous décidez de participer aux recherches de ces publications, gardez à l’esprit que même les plus crédibles d’entre-elles ont besoin de générer des profits. Leurs équipes publicitaires auront tôt fait de vous contacter pour vous inciter à acheter leur forfait « premium gold elite » qui vous mettra votre profil en surbrillance…