Party de Noël, le 16 décembre dernier, l’AED se fait voler 15 000 $, conservés bien à l’abri dans un emplacement que peu de gens connaissaient, rapporte le journal étudiant Le Pigeon Dissident dans un article publié la semaine dernière et intitulé Le vol que l’AED a tenté de vous cacher.

Roxanne Chaudier explique que la nouvelle du vol n'a pas été divulguée pour ne pas gêner l'enquête
Roxanne Chaudier explique que la nouvelle du vol n'a pas été divulguée pour ne pas gêner l'enquête
Mécontente de son forfait bancaire, l’AED avait décidé de conserver son argent à l’écart de l’institution financière, à l’extérieur de ses locaux dans un emplacement tenu secret.

Or voilà que le coffre-fort - dont Hassan Chahrour, trésorier de l’AED, avait la charge - a été vidé par une personne encore inconnue, mais visiblement bien informée.

Pourquoi un vent de polémique souffle aujourd’hui dans les locaux de la faculté ? À cause de cet article du Pigeon Dissident qui, en plus de révéler le vol, soutient que l’AED a omis de le dire aux étudiants.

Silence

Car si l’Association contacte la police le 19 décembre dernier vers 17h, les étudiants, eux, ne seront mis au courant de l’affaire que… trois mois plus tard !
Des

Une affaire qui fait aujourd’hui grand bruit et secoue la faculté. L’Association, elle, est taxée de mauvaise foi.

« Les étudiants déplorent que l’information ne soit pas venue de nous, explique Roxanne Chaudier, présidente de l’AED, ils nous prêtent l’intention d’avoir caché l’information afin de protéger notre réputation. Ce n’était pas notre objectif. »

Hormis les membres de l’AED, du CA et du conseil exécutif, peu de personnes ont été informées du vol. Même le Doyen de la Faculté n’a eu vent de la mauvaise nouvelle que quelques jours après les faits.

« Les policiers nous ont demandé de ne pas en parler afin de ne pas nuire à l’enquête. Il fallait, selon eux, préserver les preuves et les témoignages et laisser la police faire son travail », écrit l’AED dans un communiqué aux étudiants.

« Nous ne voulions pas cacher l’information, nous étions en prise avec des directives. Nous avons essayé de répondre aux étudiants avec ce communiqué et nous reviendrons sur les faits, avec eux, lors de l'assemblée générale vendredi », dit Roxanne Chaudier.

Aussi, l’AED ne souhaitait pas inspirer, en divulguant l’affaire, d’autres actes de ce genre, rapporte le journal des étudiants en droit de l’UdM. La présidente de l’Association y affirme que le vol n'aurait été révélé qu'à l’automne prochain. Pas avant.

Un Pigeon en désaccord

Des arguments que conteste dans son article du Pigeon Dissident le journaliste Frédérik Forget.

Selon lui, lors d’une discussion avec la présidente, celle-ci aurait admis que de telles révélations lui auraient coûté son poste ainsi que celui de Mr Chahrour, le trésorier de l’AED.

Le journaliste soutient aussi qu’elle a confirmé n’avoir aucunement l’intention de dévoiler l’information aux étudiants avant septembre, car ces derniers, par ailleurs, auraient exigé sa démission.

Le Pigeon Dissident prétend que la présidente souhaitait annoncer le vol qu'à l'automne prochain
Le Pigeon Dissident prétend que la présidente souhaitait annoncer le vol qu'à l'automne prochain
« Frédérik me prête beaucoup de mauvaises intentions. Ce n’était pas lié à la préservation de nos mandats. Nous étions dans une situation de crise et on a essayé de faire de notre mieux », dit Roxanne Chaudier.

Selon elle, l’Association est avant tout une victime.

« Le vol dont on a été victime ne découle pas d’une erreur de ma part », affirme la présidente, précisant que les étudiants restent bien sûr libres de demander la démission de l’exécutif.

Perdre son poste aurait donc pu constituer l’une des conséquences de la divulgation du vol.

Le journaliste du Pigeon Dissident ajoute également que l’enquête policière n’avait pas encore commencé à ce moment là, signifiant par là que les motivations de la présidence à taire cette information, devraient être cherchées ailleurs.

Enfin, d'après lui, la présidente a reconnu que l’enquête n’aboutirait probablement à aucun résultat.

La police prend son temps

« Au départ, les policiers nous ont dit d’appeler en janvier, donc nous n’avons pas arrêté d’appeler, puis ils nous ont dit de rappeler en mars. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas d’enquêteurs sur notre dossier », répond la présidente.

Un délai qu’elle juge « anormalement long » et que les autorités justifient par les manifestations étudiantes en cours.

« Je ne sais pas si l’enquête aboutira. Je l'espère mais je ne suis pas enquêteur. Nous avons travaillé très fort pour redresser la situation et reprendre les choses en main. Peut-être avons-nous fait des erreurs, les étudiants le diront », dit-elle.

Ce n’est pas la première fois que l’Association est victime d’un vol, même si le montant de l’argent dérobé auparavant n’a jamais atteint un tel niveau. 15 000 $ qui ne seront d’ailleurs probablement pas remboursés par les assurances aux vues des circonstances du vol.


Roxanne Chaudier s'exprime sur son rôle de présidente au sein de l'AED :

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