Aux États-Unis, les avocats les plus chers se montrent… de plus en plus chers. Aussi, on assiste au même phénomène, mais inverse, à l’autre extrémité de la chaîne, c-à-d que les avocats moins chers ont dû mal à augmenter leurs tarifs, rapporte le Wall Street Journal.

En effet, les avocats issus des 25% plus performants en matière d’heures facturables ont augmenté leur taux horaire moyen à 873 $ en un an, soit 4,9% de plus qu’en 2010, selon un rapport publié lundi.

« Un grand nombre d’avocats aujourd’hui se retrouvent dans la position inconfortable de fournisseurs de biens et de services », déclare Ken Grady, directeur juridique adjoint chez Wolverine World Wide.
« Un grand nombre d’avocats aujourd’hui se retrouvent dans la position inconfortable de fournisseurs de biens et de services », déclare Ken Grady, directeur juridique adjoint chez Wolverine World Wide.
De plus en plus d’avocats rejoignent ainsi le club des 1000 $ de l’heure, les clients étant toujours enclins à dépenser beaucoup en matière de fusions acquisitions ou de litiges.

Par exemple, Barnes & Thornburg, un cabinet américain de plus de 500 avocats, n’a pas eu de mal à convaincre ses clients d’une augmentation de ses tarifs, allant de 4 à 5%.

En revanche, les avocats en bas du tableau en matière d’heures facturables ont bien du mal à suivre le rythme de l’inflation.

En effet, la multiplication des services de sous-traitance juridique et des avocats contractuels a rendu difficile la justification d’une augmentation de tarifs.

Au cœur des 25% les plus bas- nous apprend le rapport de TyMetrix qui a étudié les taux de facturation de plus de 4000 cabinets- les avocats ont chargé en moyenne 204 $ de l’heure l’année dernière, soit une hausse de seulement 1,3%.

Dans l’ensemble, et alors même que de nombreuses sociétés ont gelé les prix et les tarifs afin de satisfaire les clients, les avocats ont réalisé la plus grande augmentation du taux global annuel depuis la récession : une hausse de 5,1 %.

En outre, le ralentissement de la croissance à l’extrémité inférieure indique que les clients qui ont diminué leurs frais juridiques durant la crise continuent à contrôler leurs dépenses, notamment en matière de contrats de travaux de construction ou de revendication de brevet.

Cette disparité entre ceux qui peuvent augmenter leurs tarifs, et ceux qui ne le peuvent pas, met en lumière une segmentation grandissante dans un marché juridique de 100 milliards de dollars.

« Un grand nombre d’avocats aujourd’hui se retrouvent dans la position inconfortable de fournisseurs de biens et de services », déclare Ken Grady, directeur juridique adjoint chez Wolverine World Wide.

Par ailleurs, au top du top, les méthodes de facturations alternatives peuvent pousser les taux effectifs à plusieurs milliers de dollars par heure.

Notons toutefois que des taux à la hausse ne signifient pas nécessairement profits à la hausse, ce qui dépend surtout du volume de travail.

Les cabinets ne récupèrent pas toujours le montant total qu’ils facturent. D’autres, sont encore en train de rattraper leur retard en termes d’augmentation.

Selon le journal American Lawyer, dans les 12 cabinets où les avocats chargent le plus, les taux horaires sont supérieurs de 250 $ à 400 $ à ceux qui facturent le moins. Et ce au sein du même cabinet.

Par exemple, le plus haut taux chez Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom est de 1095 $. Contre 790 $, au plus bas.

Dans ces 12 cabinets, incluant Skadden, Kirkland & Ellis LLP, Weil, Gotshal & Manges LLP, Latham & Watkins LLP, Greenberg Traurig LLP, White & Case LLP et DLA Piper, les taux moyens de facturation horaire sont en hausse de 7,1 %.

Selon les prédictions des experts, leurs tarifs vont encore augmenter dans le futur.