L'associé Jean Fontaine, de Stikeman Elliott, représente TQS dans ce dossier.

Dans un communiqué de presse publié mardi midi, le réseau de télévision souligne qu'en octobre 2007, son conseil d'administration a retenu les services de la firme Marchés mondiaux CIBC pour proposer et évaluer des options stratégiques visant à relancer ses activités. TQS précise qu'elle est confrontée à des difficultés financières.

Lors d'une réunion tenue le 17 décembre dernier, après avoir pris connaissance du rapport, considéré le bilan des travaux et les recommandations de la firme, le conseil d'administration de TQS a conclu qu'il était dans le meilleur intérêt de l'entreprise, de ses employés et de ses créanciers de demander la protection de la Cour.

En vertu de l'ordonnance obtenue, la firme RSM Richter a été nommée contrôleur par la Cour Supérieure du Québec. Son mandat est de soutenir les requérants, avec la supervision de la Cour, dans la préparation d'un plan d'arrangement avec les créanciers.

Convergence de circonstances hors de son contrôle

La situation de TQS dans le marché francophone québécois de la télévision généraliste a connu une détérioration marquée malgré les mesures prises et les investissements effectués par l'entreprise au cours des derniers mois.

L'érosion graduelle des revenus tirés de la publicité , au profit des chaînes de télévision spécialisées et du contenu accessible sur Internet jumelée à l'augmentation des coûts de production, le refus récent du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'octroyer aux chaînes de télévision généralistes la possibilité de percevoir des frais d'abonnement pour la distribution de leur signal comme le font les chaînes de télévision spécialisées, la stratégie d'antenne de la Société Radio-Canada (SRC) qui se comporte comme un acteur commercial et non comme une télévision d'Etat ainsi que l'avis de désaffiliation signifié à TQS par la SRC pour Saguenay, Sherbrooke et Trois-Rivières, après une association de 50 ans, ont contribué à la décision prise par le conseil d'administration de TQS.

"TQS est victime de circonstances hors de son contrôle. Toutefois, d'autres que nous, les actionnaires de TQS, ont les leviers nécessaires pour apporter une solution durable. Nous avons espoir que ceux-ci saisiront l'occasion pour apporter les ajustements qui s'imposent pour sauver la télévision généraliste privée francophone", a déclaré M. Louis Audet, président et chef de la direction de COGECO inc. et président du conseil d'administration de TQS.

La mission de TQS demeure pertinente dans le marché de la télévision francophone au Québec avec des parts de marché d'environ 12 %, très près de celles de la SRC. L'appui de tous les collaborateurs de TQS, qui compte l'équivalent de 649 employés à temps plein en plus de ses nombreux annonceurs, producteurs et artistes, sera nécessaire pour passer à travers ce moment malheureux.

"Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire. Nous sommes contraints de prendre aujourd'hui une décision difficile, mais nécessaire. A d'autres de considérer cette étape de la vie de TQS comme une occasion et de reprendre le relais avant la fin de l'ordonnance initiale, le 17 janvier 2008," a conclu M. Audet qui a aussi indiqué que toutes les activités de TQS étaient maintenues jusqu'à nouvel ordre.