C'est du moins ce que sont venus affirmer, jeudi matin, Josée Lajeunesse et Yves Simard. Après s’être rendu sur les lieux du drame, le duo s’était dirigé vers le CHUL, où se trouvait le corps de la défunte. À leur arrivée, ils avaient fait la rencontre de M. Delisle. Les enquêteurs lui avaient alors dit qu’ils allaient le rencontrer plus tard.

Après être allés voir le corps de Mme Rainville, les enquêteurs étaient retournés voir M. Delisle, qui se trouvait alors en compagnie de son fils et de son gendre. Pendant que Mme Lajeunesse prenait les coordonnées de ces derniers, M. Simard aurait informé M. Delisle qu’il ne pourrait se rendre chez lui, puisque des policiers s’y trouvaient et que des techniciens devaient expertiser la scène.

Le ton monte

M. Delisle aurait répondu, d’un ton « directif », que personne n’allait faire des expertises en son absence et que personne n’allait l’empêcher
« Je ne l’ai pas tuée », aurait lancé l’ex-juge Delisle aux enquêteurs
« Je ne l’ai pas tuée », aurait lancé l’ex-juge Delisle aux enquêteurs
d’aller chez lui. Constatant la scène, la détective Lajeunesse serait intervenue, informant M. Delisle qu’il ne pouvait aller chez lui, que s’il le faisait, il serait arrêté pour entrave. « Il semblait dominateur », a-t-elle avancé.

C'est à ce moment que l’accusé aurait affirmé qu'il n'avait pas tué sa femme, laissant la policière Lajeunesse « sidérée » et son collègue, « estomaqué ». « Je n'avais jamais pensé ça. Pour moi, c'était une victime », a-t-elle dit. « En aucun moment, on ne l’accusait d’avoir fait quoique ce soit », a ajouté son collègue.

Face à cette situation, les enquêteurs avaient laissé leurs coordonnées à M. Delisle, avant de retourner voir le corps de Mme Rainville, puis quitter les lieux. Plus tard dans l'après-midi, M. Delisle aurait rappelé Josée Lajeunesse pour lui dire qu'il lui donnait l'autorisation de fouiller son condo, mais en sa présence.

En contre-interrogatoire, Me Jacques Larochelle est revenu sur ces propos, questionnant notamment Yves Simard à savoir s’il connaissait Jacques Delisle, avant ces événements, et la manière habituelle de ce dernier de réagir. Ce à quoi l’enquêteur a répondu par la négative.
Ambulancier

Un peu plus tôt en journée, il a été possible d’entendre le témoignage de la technicienne ambulancière Karine Ruel, qui a prodigué les premiers soins à Mme Rainville, peu de temps après qu’elle eut été retrouvée avec une balle dans la tête. La femme a affirmé qu’elle avait, elle aussi, reçu la demande de M. Delisle de ne pas réanimer sa femme.

L’accusé aurait aussi formulé cette requête à au moins deux reprises à au moins deux autres témoins, que telle était sa volonté à elle.

Physiothérapeute

La physiothérapeute de Mme Rainville a aussi été appelée à la barre. Danielle Marceau s’est occupée de la réadaptation de la septuagénaire, qui avait été opérée pour une fracture de la hanche, en juillet 2009, ce qui l’empêchait de se déplacer et de se mouvoir d’une position à une autre. Du 1er septembre au 30 octobre de cette année-là, Mme Marceau avait aidé sa patiente à retrouver une certaine autonomie.