« C’est la consternation générale. C’est ça que l’on fait dans la vie, accuser du monde. Et là c’est une collègue qui est accusée. Ça n’a pas de bon sens », nous a confié un procureur visiblement ébranlé.

Au Palais de justice de Montréal, on s'est demandé hier ce qui a bien pu arriver à Me Claudia Carbonneau
Au Palais de justice de Montréal, on s'est demandé hier ce qui a bien pu arriver à Me Claudia Carbonneau
Au palais de justice de Montréal, deux sujets étaient sur toutes les lèvres, hier matin. Qui sera le procureur dans l’affaire Magnotta et ce qui a bien pu pousser Me Claudia Carbonneau, une procureure bien en vue et appréciée, à poser les gestes présumés pour lesquels elle est accusée.

« On sait tous qu’elle était en congé de maladie depuis pratiquement la fin de l’affaire Turcotte. Est-ce que ceci explique cela ? Je suis mal placé pour être à la fois juge et partie », poursuit le procureur.

« Nous ne sommes pas au-dessus des lois. C’est triste, mais elle devra faire face à la musique », dit une autre.

Mal en point

Lundi, Me Claudia Carbonneau a été accusée de voies de fait, agression armée et conduite dangereuse pour des événements survenus en janvier, en mai et dimanche dernier.

Ce soir là, la procureure a été arrêtée par les policiers de la Régie de police de Sainte-Thérèse-de-Blainville pour des événements dont la victime serait un ex-conjoint. Une ordonnance de non-publication nous empêche toutefois de dévoiler les détails de l’affaire.

Lundi, l’avocat de la procureure, Me Jean-Daniel Debkoski, a demandé au juge Gilles Garneau la permission de ne pas faire monter sa cliente dans la salle d’audience en raison de son état de santé, ce que le juge a accepté.

Ce dernier a aussi émis une ordonnance pour que l’accusée soit immédiatement remise entre les mains d’un médecin et que sa responsabilité criminelle soit évaluée dans un hôpital.

Me Carbonneau n’a pas enregistré de plaidoyer et reviendra en cour vendredi.

Par souci de transparence, c’est un procureur du district de Longueuil, Me Dimitri Raymond, qui représente la Couronne.

Lundi, il a dit que la Couronne s’opposait à la remise en liberté, mais que les choses pourraient évoluer.