« L'usage veut que le service de police qui demande le transport défraie les coûts qui y sont associés », a indiqué hier le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews. TVA Nouvelles a appris qu'Ottawa procédait actuellement à une évaluation des coûts totaux du voyage et entend envoyer la facture au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Qui paiera la facture du rapatriement de Magnotta ?
Qui paiera la facture du rapatriement de Magnotta ?
Toutefois, la version des faits diffère au cabinet du maire Gérald Tremblay, qui déclare qu'il est hors de question que la Ville paie pour ces dépenses puisque les extraditions relèvent du fédéral.

L'Airbus des Forces armées canadiennes se trouvait à Cold Lake, en Alberta, quand des responsables ont réclamé qu'il cueille six policiers à Montréal avant de s'envoler pour la capitale allemande, Berlin, où le « dépeceur de Montréal » a été arrêté le 4 juin dernier.

Une heure de vol de l'Airbus A310 coûte plus de 15 500 $, selon un document déposé à la Chambre des communes en septembre dernier. Considérant que le trajet total pour rapatrier Luka Magnotta a pu prendre jusqu'à 17 heures, TVA Nouvelles a évalué le montant de la facture à 263 500 $.

Interrogé sur le fait de savoir pourquoi un avion moins coûteux n'a pas été utilisé pour cette opération, le ministre de la Défense Peter McKay a esquivé la question.

« Un show »

Selon le président du Syndicat des agents correctionnels, Stéphane Lemaire, le budget alloué pour transporter Luka Rocco Magnotta équivaut à ce qu'il en coûterait pour le garder en prison pendant trois ans.

M. Lemaire s'étonne de toutes les mesures de sécurité qui ont été déployées pour faire revenir le suspect en sol canadien. « Il n'a pas d'amis à l'extérieur, lui là ! C'est pas comme Mom Boucher, ce n'est pas comme les Hells Angels ou les gangs de rue! », a-t-il dit.

« Il a été l'objet d'une couverture médiatique mondiale, alors ça prend le show qui va avec », a estimé le président du syndicat.