Il s'agit d'une énorme victoire politique pour le président Barack Obama, un peu plus de quatre mois avant l'élection présidentielle de novembre.

Cette réforme historique suscite l'opposition farouche de presque tous les Républicains, y compris Mitt Romney, le probable candidat républicain à la présidence. Son abrogation est l'une des promesses de campagne des républicains.

La décision, rédigée par le juge en chef John Roberts, donne raison au président sur l'élément central de la réforme, qui rend l'assurance santé obligatoire sous peine d'amende fédérale. Les juges ont voté à cinq voix contre quatre en faveur de la loi.

Barack Obama a salué "une victoire pour le peuple de tout le pays". Dans une allocution télévisée, il a estimé qu'il était maintenant clair que cette réforme n'a pas été menée pour des raisons purement politiques. "Je l'ai fait parce que c'était bon pour le pays", a-t-il déclaré.

Le président du Parti républicain, Reince Priebus, a estimé que la Cour suprême venait de définir "l'enjeu de la présidentielle de novembre".

"Maintenant, la seule façon de sauver ce pays de l' "ObamaCare" et de la main-mise gouvernementale sur le système de santé, qui fait exploser le budget, est d'élire un nouveau président", a estimé M. Priebus dans un communiqué.

Cette décision de la Cour suprême était l'une des plus attendues depuis celle de 2000, quand le républicain George W. Bush avait été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle après les problèmes de décompte en Floride.

D'après les sondages, une majorité d'Américains ne soutiennent pas cette réforme qui, ironiquement, est inspirée d'un programme mis en place dans le Massachusetts quand Mitt Romney était gouverneur de cet État. La loi du Massachussetts est largement approuvée par les résidents de l'État depuis son entrée en vigueur en 2006. Mais Mitt Romney, qui la défend, estime que ces dispositions doivent être prises par les États et non pas imposées par l'État fédéral. Il a promis de revenir sur la réforme s'il est élu président.

Les dispositions centrales de l'"ObamaCare", comme l'obligation de souscrire une assurance santé, doivent entrer en vigueur en 2014, au moment où la loi interdira aux sociétés d'assurance de refuser une couverture à des personnes qui éprouvent déjà des problèmes de santé. Une fois la réforme totalement appliquée, il restera quelque 26 millions de personnes sans couverture santé aux États-Unis, dont un grand nombre de migrants sans papiers.

Depuis la promulgation de la réforme il y a deux ans, 26 États ont contesté la constitutionnalité de ce texte très controversé, qui représente la plus importante extension de la couverture sociale en plus de 40 ans aux États-Unis.

Avant son adoption, les États-Unis étaient le dernier grand pays développé dépourvu d'assurance santé nationale. Avec la réforme, la couverture santé devrait s'étendre à plus de 30 millions d'Américains supplémentaires, sur une population de plus de 313 millions de personnes. Le bureau du budget du Congrès américain estime qu'environ 95 pour cent de la population devrait posséder une assurance santé d'ici 2019 si la législation entre en vigueur dans sa forme actuelle.